MERAKI - Journées internationales de théâtre universitaire

Villeurbanne (Rhône) • 31 mai - 3 juin 2022
MERAKI - Journées internationales de théâtre universitaire

Crédits : Antonella Mazzitelli

Μεράκι

L’essence de nous-même.
Mettre une partie de son âme dans ce que l’on crée.

C’est par ce mot intraduisible que les Grecs modernes décrivent ce qui est fait avec âme, avec brio, lorsqu’on laisse « quelque chose de soi-même » dans ce que l’on fait. Telle est l’essence, le ton que nous désirons donner à nos pratiques, singulières et multiples, du théâtre à l’université. Un théâtre humain, fait d’allégresse, de créativité, d’engagement. Un théâtre humaniste pensé dans son rôle éthique, fabriqué avec humilité, poésie et désir de compréhension de nous-mêmes et des autres.

L’université Jean Moulin Lyon 3 en partenariat avec le Théâtre National Populaire, à Villeurbanne, vous présente la première édition de « Meraki », les Journées Internationales de Théâtre Universitaire.

À l’occasion de cet événement, huit troupes de théâtre universitaire, issues de la Métropole de Lyon ou internationales, sont invitées à présenter sur quatre journées leurs créations scéniques centrées autour d’une thématique commune. Sur ces quatre journées, s’articuleront à la création scénique des temps forts de rencontre et de pratique artistique à la croisée des langues : une table ronde avec la participation d’étudiants, d’enseignants-chercheurs et d’artistes, des workshops animés par des artistes professionnels et des intervenants internationaux, des temps d’échanges entre les troupes invitées, des parcours de découverte des lieux où se développent et s’épanouissent cette recherche et cette création artistique. Une exposition de photographies des troupes invitées donnera à voir sur les quatre journées, en ligne, les multiples formes humaines et plastiques de ces pratiques théâtrales étudiantes.

« _Les personnages sont morts ? Vive les personnages ! _»

Une étude autour des personnages nous semble, aujourd’hui, nécessaire pour réinterroger la notion de mise en scène à la lumière d’une désintégration – d’une dissolution – ou d’un nouveau façonnage de nos identités.

La crise sanitaire nous a poussés à réinterroger notre manière de faire du théâtre, mais aussi notre façon d’être au milieu des autres. Certaines formes de théâtre-écran ont vu le jour, la technologie a remplacé la présence et la distance – l’absence – a été intégrée comme un passage nécessaire pour continuer à vivre, à travailler, à se rencontrer. Le retour à une vie normale – sociale – est, pour certains, difficile ; pour d’autres, elle est devenue l’occasion pour sortir des cadres imposés. Des scènes d’euphorie collective, d’un impératif au bonheur animent nos villes, les appartements, les terrasses. Ce bonheur – imposé ou recherché – est-il la manifestation d’une authentique joie de vivre ou est-il, plutôt, la mise en scène fictive d’une « fête-folle », ne cessant de nous obliger à rentrer dans les codes sociaux des « jours heureux » à tout prix ? Et encore. Cette sociabilité retrouvée, est-elle l’expression d’un besoin de contact réel, d’une affectivité enfin reconquise, ou est-elle le signe d’une possible désintégration, d’une nouvelle pathologie sociale ? Entre le « syndrome de la cabane » et la chute dans le phénomène de la « décompensation », nous observons comment à côté de la fête, il peut y avoir de la violence, des colères souterraines, des bagarres urbaines, des cris, des dégâts, un bruit permanent qui pollue nos villes poussant certains à un exil campagnard, à la recherche d’un silence capable de se faire monde. L’espace social appartient à chacun, mais sommes-nous encore capables de l’habiter tout en respectant l’autre ? L'individualisme, imposé par les confinements, nous a-t-il rendus plus sociables ou plus narcissiques ? Notre manière de fêter, de s’énerver, de s’embrasser, de se rencontrer et de discuter, répond-elle à un besoin réel, ou n’est-elle pas une banale mise en scène collective ? Un masque social obligé ?

Le théâtre, à l’instar de notre société contemporaine, n’a jamais cessé de remettre en question le rôle des êtres humains. Ainsi, ces « personnages-humains » sont-ils des disparus ? Des morts ? Des revenants ? Est-il possible de supprimer leur fonction pour réinventer les codes du théâtre ? Et, enfin, sommes-nous encore des êtres humains, ou des allégories ? Quand tout s’arrête et que les moyens sont insuffisants, est-il encore possible de produire un spectacle ? Comment le théâtre peut-il répondre, aujourd’hui, à notre manière d’exister, d’être ou de disparaître ?
À la lumière de ces questionnements, nous encourageons des propositions issues de troupes théâtrales universitaires autour de la thématique du personnage en lien avec la ou les sociétés, à travers des textes dramaturgiques classiques, contemporains, ou par de nouvelles formes d’écriture pour la scène.

Toutes les formes théâtrales sont les bienvenues (hormis le théâtre de rue), toutes les langues ou autres formes d’expression sont acceptées et la sobriété des décors et la simplicité des moyens techniques sont à considérer comme un élément herméneutique indispensable autour duquel forger sa propre proposition.

SPECTACLES

Les troupes invitées présenteront, sur les quatre soirées, leurs créations scéniques. Les troupes auront la possibilité de découvrir la salle et de répéter in situ pendant la journée, accompagné du régisseur général du TNP (pour les représentations ayant lieu au TNP), qui assurera la régie pendant les spectacles.

Mardi 31 mai

The Crucible, d’après Arthur Miller | Atelier de théâtre en anglais, Lyon 3
18h30 - 20h30 | Université Lyon 3, Manufacture des Tabacs, Auditorium Malraux

Mercredi 1er juin

Déambulation chant-signée | Atelier de théâtre en LSF, Lyon 3
18h – 18h30 | TNP Villeurbanne, Place Lazare-Goujon

Medea, d’après Sénèque | CUT Bergamo

19h – 20h30 | TNP Villeurbanne, Salle Jean Bouise, Petit Théâtre

Ma camminarci, non ci camminavo, d’après Luigi Pirandello | Atelier de théâtre en italien, Lyon 3
21h – 22h30 | TNP Villeurbanne, Salle Jean Bouise, Petit Théâtre

Jeudi 2 juin

Y a des nuits qui mériteraient pas de voir le jour, d’après Lilian Lloyd | TTI, INSA
19h – 20h30 | TNP Villeurbanne, Salle Jean Bouise, Petit Théâtre

Cocoon | Leeds University Union Theatre Group
21h – 22h30 | TNP Villeurbanne, Salle Jean Bouise, Petit Théâtre

Vendredi 3 juin

Le Prénom, d’après Matthieu Delaporte & Alexandre de la Palletière | Atelier de théâtre en français, Leeds
19h – 20h30 | TNP Villeurbanne, Salle Jean Bouise, Petit Théâtre

Les gens ne seraient jamais tombés amoureux s’ils n’avaient pas entendu parler d’amour | TUL, Lyon 2
21h – 22h30 | TNP Villeurba