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https://www.youtube.com/watch?v=8-CTnq9DBNg
De sa voix ensoleillée qui cajole et envoûte encore après plus d’un demi-siècle de carrière, Sam Mangwana chante l’Afrique éternelle. « Géant parmi les géants, légende parmi les légendes », l’artiste né à Kinshasa de parents angolais, incarne presque à lui seul, l’âge d’or de la rumba congolaise. À plus de 75 ans, avec une élégance et une musicalité sans pareil, l’un des ambianceurs les plus reconnus de sa génération, qui a chanté aux côtés de Franco ou Tabu Ley Rochereau, est aussi un homme engagé et un fervent défenseur de toutes les libertés. Véritable chantre du panafricanisme, ouvert à toutes les latitudes comme à toutes les musiques, Sam Mangwana a traversé les époques un oeil sur les merveilles d’antan, un autre sur demain. Avec une seule envie : faire danser toutes les générations. En 2004, après la guerre civile, Sam Mangwana peut enfin retourner en Angola pour exercer son métier de musicien, chez lui. Accueilli comme le fils prodigue par les autorités culturelles qui le remercient de son engagement pendant la lutte pour l’indépendance, il est en 2015 la tête d’affiche du premier Festival de la rumba à Kinshasa. Aujourd’hui, de retour en France où il réside désormais, « ce citoyen du monde » décide de redonner vie à son album Lubamba (sorti en 2016) et de le promener sur scène, pour faire chalouper nos oreilles. Et nos coeurs.
“ À 75 ans, voix et mémoire vives, le chanteur Sam Mangwana est un vétéran de l’âge d’or de cette musique dansante, imprégnée de cubanité, qui a surgi dans les années 1950 sur les deux rives du fleuve Congo ” (Patrick Labesse, Le Monde, 2021)
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https://www.youtube.com/watch?v=zsmM4PXMANk&ab_channel=FoknBoisFoknBois
Le talent, l’irrévérence, le second degré et l’autodérision. Si l’on devait trouver la recette du groupe ghanéen Fokn Bois, on irait sans hésiter puiser dans ces ingrédients-là. Que l’on assaisonnerait volontiers de génie créatif et d’engagement, en témoigne le clip original de Gallon (Hey Bad No) réalisé pendant le confinement au printemps 2020. Cet hip-hop décapant, à mille lieues d’un gangsta rap stérile et superficiel, égratigne toutes les couches de la société avec des punchlines bien placées, s’élève au rang de langage universel, capable de briser les frontières comme les préjugés les plus tenaces. L’autoproclamé « Prince tzigane de pidgen rap » Wanlov the Kubolor et le chanteurauteur- compositeur-producteur M3NSA Ansah se rencontrent chez les scouts, puis sur les bancs du lycée catholique d’Accra. Avant de signer ensemble un rap nourri d’influences qui fait d’eux « les petits frères africains des Américains d’OutKast ». Entre audace musicale, storytelling, highlife, afrobeat ou fusion pop, ces vilains garnements de Fokn Bois (créolisation de « fuckin’boys »), à retrouver dans le précieux documentaire Contradict – Ideas for a New World de Peter Guyer et Thomas Burkhalter (2020), s’emparent des problématiques actuelles (consumérisme, religion, corruption, homophobie…) pour mieux tantôt les dénoncer, tantôt les révéler.
“ Les Fokn Bois (à prononcer faukenboyz) sont bien plus que des sales gosses bien stylés : Wanlov the Kubolor et M3nsa ont la causticité et l’audace qui irriguent leur flow en intraveineuse. […] Nourries de la diaspora afro-caribéenne, leurs boucles vampirisent le calypso, le reggae et, bien évidemment, le genre-clé du Ghana, le highlife ” (Paris Jazz Club, 2020)
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https://www.youtube.com/watch?v=4gmGL5SqhaY
La vie de Fatoumata Diawara est une aventure écrite à force de courage. Danseuse dans la troupe de son père dès son plus jeune âge, enfant star du cinéma malien invitée à fouler les marches du festival de Cannes à 15 ans, elle fuit un mariage forcé et brise les liens familiaux pour parcourir le monde avec la compagnie de théâtre de rue Royal de Luxe. Depuis, elle ne cesse d’enrichir sa panoplie d’artiste totale, enfreignant avec boulimie les règles que sa naissance était censée lui dicter. Comme un défi à « la confrérie des hommes qui font des solos », elle dompte la guitare électrique. Sur les planches, elle incarne Antigone, la sorcière Karaba, ou, plus récemment, montre tout son talent sur l’opéra contemporain Le vol de Boli, dont la musique est signée Damon Albarn et la mise en scène, Abderrahmane Sissako. Sur scène, elle côtoie Herbie Hancock, Roberto Fonseca, Hindi Zahra, Gorillaz et bien sûr Matthieu Chedid, qui a co-signé avec elle Fenfo, son dernier album. Pour la Saison Africa2020, elle offre « L’Afrique à chanter », des chansons adaptées aux chorales scolaires. Unissant les styles africains et les sons traditionnels aux boucles électro dans une même danse, Fatoumata Diawara prête sa voix transperçante à celles qui n’en ont pas. Entre douceur apaisée et rage explosive, c’est un indécrochable sourire qui va illuminer la Prairie des Filtres.
“ Chanteuse et compositrice dont l’énergie communicative et les sonorités afro-folk rayonnent sur scène, Fatoumata Diawara est aujourd’hui l’une des voix les plus influentes dans le paysage artistique du continent africain ” (Lucas Aubry, Numéro, 2020)
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