Alexis AUDIBERT "Impact de l'infection chronique par Toxoplasma gondii sur l'homéostasie intestinale et la nociception"

Toulouse (Haute-Garonne) • Mercredi 2 octobre 2024, 14h00
Alexis AUDIBERT "Impact de l'infection chronique par Toxoplasma gondii sur l'homéostasie intestinale et la nociception"

Soutenance de thèse le mercredi 02 octobre à 14h en salle Ruffié

RESUME DES TRAVAUX DE THESE
Les agents infectieux du tube digestif peuvent perturber l’homéostasie intestinale, pouvant avoir des conséquences à long terme sur la physiologie intestinale, en favorisant l’émergence de pathologies comme le syndrome de l’intestin irritable post-infectieux (SII-PI). Pathogène alimentaire très répandu, Toxoplasma gondii n’a cependant jamais été lié au développement d’un SII-PI. Ce parasite infecte son hôte via l’intestin au cours de la phase aigüe, entrainant une inflammation locale associée à une réponse immunitaire de type Th1. Le parasite est ensuite éliminé du tube digestif et persiste dans le système nerveux central (CNS) au cours d’une phase dite chronique. L’objectif de ma thèse a été d’étudier l’impact de l’infection chronique par Toxoplasma gondii sur l’homéostasie intestinale, en caractérisant l’environnement immunitaire au niveau du colon et en évaluant les conséquences physiologiques à long terme de cette infection, particulièrement sur la douleur viscérale. J’ai montré dans un modèle d’infection à T. gondii chez la souris, que l’infection chronique par ce parasite se caractérise par l’absence d’inflammation colique mais entraine une modification durable de l’environnement immunitaire du colon, avec une persistance de lymphocytes T CD4 Th1 et T CD8 cytotoxiques.
D’un point de vue physiologique, cette infection est associée à une diminution de la sensibilité viscérale durant la phase chronique. Cette hyposensibilité est médiée par une production périphérique (i.e. hors du CNS) d’opioïdes endogènes. Nos résultats suggèrent que cet effet est médié par l’enképhaline, un opioïde endogène produit par différents types cellulaires incluant les neurones entériques et certaines cellules immunitaires comme les lymphocytes T CD4. Cependant, la source d’enképhaline dans le contexte de cette infection reste à identifier.
Etant donné le phénotype d’hyposensibilité viscérale observé chez les animaux infectés, nous faisons l’hypothèse que chez l’humain, l’infection à T. gondii pourrait impacter la susceptibilité au SII.

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