Les pratiques sportives du Grand Siècle : « L’équitation du Grand Siècle L’art nécessaire »

Sceaux (Hauts-de-Seine) • Jeudi 30 mai 2024, 18h30
Les pratiques sportives du Grand Siècle : « L’équitation du Grand Siècle L’art nécessaire »

Crédits : Johann Georg von Hamilton, Le Prince Adam François de Schwarzenberg exécutant une cabriole sur un lippizzan, vers 1710, coll. part. © DR

Conférence de Nicolas CHAUDUN, responsable des éditions à la Mission de préfiguration du musée du Grand Siècle.

Pratique immémoriale, l’équitation connaît au XVIIe siècle, en Europe et plus particulièrement en France, une profonde mutation. Presqu’exclusivement aristocratique, elle n’a plus pour seule ambition l’apprentissage de la guerre. Elle se fait savante. Et, nourrie des enseignements des grands maîtres écuyers de la Renaissance italienne, Fiaschi, Grisone ou Pignatelli, elle habille les rudesses du combat des codes du paraître. Monter, c’est paraître tel qu’en soi-même. Autrement dit, on est comme on monte. Des académies fleurissent partout dans le royaume. Des traités paraissent, celui de Salomon de La Broue, notamment, qui synthétisent et adoucissent les préceptes des Italiens. Le roi lui-même se soumet à la rigueur du grand écuyer. Ce qu’un Antoine de Pluvinel enseigne au jeune Louis XIII, ce n’est pas seulement l’art de bien monter, mais encore celui de danser, de chanter, de se présenter à quiconque dans toute sa majesté… Peu après la mort de Pluvinel (1620), son enseignement sera publié dans un célèbre ouvrage, fondateur de l’équitation française, caractérisée par la recherche incessante du consentement aux dépens de la contrainte, fût-elle plus efficace.
En somme, Pluvinel enseigne le tact. Or quoi de plus politique que cette vertu ? Bientôt l’équitation savante se voit assimilée au juste gouvernement des hommes. L’un des élèves du grand écuyer, William Cavendish, duc de Newcastle, par ailleurs correspondant assidu de Descartes, ne cache rien dans son propre traité, fort populaire, des nouvelles ambitions assignées à l’équitation savante :
« Un roy, étant bon cavalier, saura mieux gouverner ses peuples, quand il faudra les récompenser ou les châtier, quand il faudra leur tenir la main serrée ou quand il faudra la relâcher, quand il faudra les aider doucement, ou en quel temps il sera convenable de les éperonner. »
Le Grand Siècle a amorcé le basculement de l’équitation, art martial, vers un art d’agrément, en même temps qu’il l’a érigée en vertu essentielle du prince.

Mots-clés :
Olypiades culturelles équitation art martial art d'agrément

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