Croire aux fauves
D’après Croire aux fauves de Nastassja Martin aux Éditions Gallimard
La loi 55-6 du 5 janvier 1955, loi d’aménagement de la Durance, prévoit, article I, le détournement de l’eau de la Durance depuis Serre-Ponçon jusqu’à l’étang de Berre… C’est le sacrifice annoncé de l’étang de Berre et la destruction de la rivière elle-même.
(Photo : Etienne Baudon)
La loi de 1957, loi d’interdiction de la pêche dans l’Étang de Berre, confirme ce sacrifice qui deviendra effectif dès 1966, avec la mise en service de la centrale EDF de Saint-Chamas. centrale EDF de Saint-Chamas
De la rivière vivante, «fléau de la Provence» de nos aïeux, seul un filet d’eau subsiste encore, après les diverses agressions faites à la Durance devenue «roubine».
Les intérêts moteurs d'une gestion désastreuse de la Durance et de son eau, sont les mêmes que ceux qui génèrent le réchauffement du climat : ce sont les intérêts des sociétés industrielles, des sociétés commerciales, des banques. Localement, pour la Durance, il s'agit de :
Toutes les conditions sont réunies pour préparer la pénurie d’eau et sa pollution, déjà sensibles, et que
que devront subir nos enfants.
Les effets conjugués du changement climatique et d'une gestion désastreuse de la rivière et de son eau, réduisent et dégradent dangereusement cette ressource vitale pour les deux régions méditerranéennes françaises.
Une évidence que personne ne peut nier, mais que les élus refusent d’admettre : la chaine Durance peut et doit être transformée en STEP (Station de Transfert de l’Énergie par Pompage) et l’eau de la Durance retrouvera son cours naturel. Le potentiel de production énergétique de cet équipement peut être décuplé et les équilibres naturels rétablis. Le Portugal vient de prouver que l’indépendance énergétique peut être assurée par les énergies renouvelables. Ce modèle devra obligatoirement se répandre.
Pourquoi pas en Provence ?
L’Étang de Berre, mis à l’agonie par les déversements d’eau douce par la centrale EDF de Saint-Chamas, a retrouvé une vie marine que plus personne ne peut nier. Cette victoire n’est due qu’à l’action des citoyens qui, seuls et contre l’avis des élus locaux, ont obtenu la condamnation de la France par la Cour Européenne de Justice. Cette victoire est un premier pas. Nous devons maintenant obtenir la transformation de la chaine Durance en STEP pour mettre fin définitivement aux déversements d’eau douce dans l’Étang de Berre.
Et nous devons penser dès à présent à la préservation de l’étang marin retrouvé. La qualité de cet espace va attiser la convoitise des bétonneurs et nous aurons à lutter contre les marinas, les ports, les comblements, la destruction de plages… et pour une mise en valeur au profit de tous.
Les plages du littoral Languedocien reculent inexorablement devant la mer. La Camargue et les lagunes sont menacées. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le niveau de l’eau qui monte (moins de 2 mm/an), mais bien le courant liguro-provençal qui, jadis, déposait les limons amenés par le Rhône, et qui, aujourd’hui, les reprend à la côte. Depuis la mise en service de la chaine Durance, c’est 400 millions de m³ de sable qui, piégés dans les retenues, ont fait défaut au littoral : une dune (ou une plage) de 200 m de large et 10 m de haut sur les 300 km du littoral du Golfe du Lyon.
Face à cette situation, jusqu'ici, les pouvoirs publics ne font rien pour défendre l'intérêt général qu'ils sont supposés défendre : ils nient les risques ou, pire, ils encouragent les fauteurs de risques, en réclamant «en boucle», «une digue de plus» ou encore une ZA dans une zone inondable. Les seules mesures qu'ils prennent relèvent des «soins palliatifs» qu'on administre avant la mort. Par exemple quand ils mesurent la baisse de l'étiage de la Durance à l'horizon 2050, ils ne pensent qu'à la problématique du partage de l'eau, sans poser l'objectif de défendre la ressource... Ou encore, face au recul du littoral, ils comblent le déficit de sable à grands frais – frais à renouveler l'année suivante – sans rechercher la cause. Voir le film : «Le sable. Enquête sur une disparition».
L'étang de Berre a été la première victime de l'aménagement de la Durance qui – au nom de la loi - en avait fait le réceptacle des eaux et des limons de la rivière. Déversement mortifère ! Le mouvement citoyen indépendant a dénoncé ce massacre et exigé qu'il cesse. Au terme d'un longue bataille «de rue» et juridique, il a imposé une réduction des rejets EDF dans l'étang, compatible avec la reprise spectaculaire d'une vie marine...
La Durance est une rivière domaniale, son eau est un bien public. La défense de l'intérêt général présent et futur, contre des intérêts qui le bafouent (en ces domaines), appartient aux victimes, l'immense majorité des habitants de ces deux régions, usagers de la Durance et de son eau, riverains et usagers du littoral à l'Ouest du Rhône.
Comme ce fut le cas pour l'étang de Berre, la victoire est possible !
[Photos : L'Étang Nouveau, sauf indications]
D’après Croire aux fauves de Nastassja Martin aux Éditions Gallimard
Venez vous initier au monde du théâtre
Conte Musical dès 4 ans
Création d'un conte à la première personne
Accueil et visite libre de la Chapelle Notre Dame de la Miséricorde, événement proposé par Les Am...
Plongez au cœur de l'art de la dorure, un savoir-faire ancestral où chaque geste révèle la magie ...