Conférence architecture : Fissions sémantiques et contre réalités-architecturales

Rennes (Ille-et-Vilaine) • Jeudi 6 novembre, 18h00
Conférence architecture : Fissions sémantiques et contre réalités-architecturales

Crédits : Photo : E.BIGOT-DOLL_IA

Cycle de conférences de l'ENSAB 2025/2026

L’ENSAB vous donne rendez-vous :
Mardi 06/11/2025 _ 18h
Eglantine BIGOT-DOLL _ Maître de Conférences TPCAU/Architecte EPFL/Docteure en Architecture/ENSA de Bretagne/LABoratoire MAP-Aria/Associée GRIEF

  • Salle de conférences de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne
  • Entrée libre _ gratuit
  • Suivie d'un pot conférence organisé par l'association étudiante de l'ENSAB "la K-Fête"

Evénement inscrit dans le cadre de la Programmation culturelle de l'ENSAB 2025/2026 (10 conférences / rencontres, 3 expositions majeures, 1 thématique commune)
Thématique : UNE REDÉFINITION CRITIQUE DE L’ESPACE : Energies, Zones et Matière à réemploi pour l’architecture (Rendre visible : de l’énergie à la politique (Julie FLOHR), Zones, marges et représentations spatiales (Clémentin RACHET), Réemploi et transformation (Anne-Laure SOURDRIL), enseignant·es ENSAB)
https://www.rennes.archi.fr/culture-architecturale/conferences-2/
https://www.rennes.archi.fr/culture-architecturale/thematique/

BIOGRAPHIE

Eglantine Bigot-Doll est architecte EPFL, docteure en architecture, chercheuse au MAP-Aria associée au pôle Ar-TIC du GRIEF et maîtresse de conférences à l’ENSA de Bretagne dans le champ des théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine.
Ses recherches s’ancrent dans la pédagogie de l’enseignement de projet au regard des enjeux ontologiques, philosophiques et écologiques soulevés par les dispositifs numériques.
Elles questionnent plus largement le renouvellement des imaginaires par l’exploration du détournement technique et technologique comme une opportunité d’investigation des potentielles émergences de matérialités, de contre-réalités et de temporalités différées de l’architecture.

PRÉSENTATION

Les fissions sémantiques initiées par le prompt constituent de nouveaux leviers exploratoires en matière de figuration architecturale et d’incarnation des imaginaires de masse. Le poids des mots, dorénavant au sens propre et figuré, instaure une dialectique nouvelle entre l’image et les grands modèles de langage (LLM). Si la modélisation paramétrique nous permettait autrefois d’induire les opérateurs de la projection – comme de la fabrication – vers de nouvelles formes architecturales, aujourd’hui les intelligences artificielles génératives requestionnent et réquisitionnent le statut de l’image sur les plans esthétique, politique et symbolique, mais aussi éthique et moral.
Depuis la pensée paramétrique jusqu’au prompt, un glissement qui s’est opéré depuis le langage formel vers un langage naturel fragmenté, dénué de connecteurs logiques. Alors que la conception paramétrique, influencée par la programmation, proposait une modélisation abstraite mais structurée, les IA génératives comme les modèles T2I déplacent la conception vers une sémantique floue. Le prompt, séquence de mots sans syntaxe stricte, remplace le code et induit une autre manière de représenter et de projeter l’architecture. L’ambiguïté du langage mobilisé révèle une logique propre à chaque modèle, façonnée par ses données d’entraînement. Le prompt devient alors un outil de conception, non plus par codage rigoureux, mais par évocation poétique et associative, ouvrant une réflexion sur les nouvelles formes d’abstraction opérées par l’IA.
Sous le prisme de la méga-machine des interfaces de Benjamin Bratton et du régleur de Simondon, des expérimentations isolées et des travaux d’étudiants nous permettront de mettre au jour comment la rencontre du libellé et du modèle d’apprentissage peut aussi produire des collisions, de l’absurde, de l’ambiguïté voire de la bêtise en tant que révélatrice des « images dogmatiques » chez Deleuze. Ce qui se joue avec les générateurs d’images relève ainsi d’une redéfinition de notre rapport au réel, à la vérité – ou au mensonge – , au dogme et à sa critique par architecture.
Nous avons donc quitté le simulacre de la perspective pour celui de l’anamorphose en tant qu’aberration, hallucination mais aussi avertissement. Les contre-réalités produites sont les artefacts d’une térato-écologie émergente et émancipatrice.

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