Théâtre : "Partie pour rester" - Cie Paritito

Plouguerneau (Finistère) • Vendredi 13 mars 2020, 20h30
Théâtre : "Partie pour rester" - Cie Paritito

Crédits : Cie Paritito

C’est une histoire d’amour et d’exil, de résilience et de joie.

Une jeune femme revient en Bretagne, le pays de sa mère, des années après l’exil de ses parents.

Elle recherche délicatement dans ses souvenirs de petite fille comment ses parents ont décidé d’immigrer et de fuir la montée du racisme dans les années vingt. Elle cherche puissamment à retrouver ce pays dont elle ne parle pas les langues, et poursuit le fantôme de sa mère dont il ne lui reste que les livres. Sont-ils partis pour préserver son avenir à elle ? Avait-elle même une place dans leur grand amour ? Comment ont-ils pu fuir, plutôt que de se battre pour un monde meilleur? Comment se prend la décision de quitter un pays ? Jusqu’où doit-on rester malgré le danger ? Ce que nous sommes survit-il jamais à l’exil ? Est-ce que partir, c’est être libre ?

Et puis fuir, c’est combien de fois ?

https://vimeo.com/304592746

Note de l’auteure : Mélanie Giotto

Je voulais travailler sur le thème de l’exil et de l'immigration d’une manière qui soit ancrée dans mon réel. Je vis en Bretagne, dans un pays d’émigration. D’ici, traditionnellement, soit on part loin pour travailler, soit on reste comme on peut, entre gens qui ont décidé de rester malgré tout.

Quand on part, on fait face lors de notre retour à ceux qui sont restés et qu’on avait laissé. Quand on reste, il faut faire le deuil de ce qu’on aurait pu achever, ce qu’on aurait pu réaliser ailleurs, là où ça se décide, là où il y a des possibilités. Quel que soit le choix de chacun·e, nos vie sont marquées par l’émigration.

Dans ma famille, traditionnellement, on compose et on recompose. On aime hors de sa classe sociale, de sa langue, ou de son pays. On adopte sans doser la couleur. On fait des enfants même avec des blancs. On marie des estrangers. On se demande à Noël après la bûche, en breton, en créoles et en anglais, jusqu’où il est dangereux de rester ici alors que monte la Haine. On sonde les conjoints, on parle de l’avenir des enfants, des peurs que l’avenir leur soit bouché ici, ou pire. On parle de ce prof d’histoire qui essayait d’expliquer pourquoi, avant l’holocauste, tant de juifs étaient restés. On parle d’où nous sommes dans l’Histoire. Je vois, élection après élection, ces peurs se répandre, se partager, s’ancrer, entre fantasmes, déni et éclairs de lucidité. Et ce dans l’ignorance parfaite des gens qui parlent de racisme et d’immigration. Pour nous, breton·ne·s réellement mélangé·e·s au monde, cette indifférence sonne terriblement. Comme si, pour notre pays, nous étions déjà parti·e·s.

Cette question est trop cruellement réelle pour être abordée de face. Il fallait donc construire tout cela sur un amour immense. Cette pièce est donc une histoire d’amour entre un homme et une femme, qui explore ce moment très précis de la décision de partir, ce pas de courage et d’intrépidité, cette décision folle et froidement raisonnable de fuir son pays. C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui se jettent dans le vide. C’est l’histoire de leur enfant qui essaie de comprendre.

C’est l’histoire de ce qu’on comprend de nos parents

Et de ce qui reste.

Mots-clés :
théâtre mois du breton exil Bretagne

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Vendredi 20 mars, 16h30