Visite libre de l'ambassade d'Afghanistan en France

Paris (Paris) • Dimanche 18 septembre 2016, 10h00
Visite libre de l'ambassade d'Afghanistan en France

Français et Afghans ont tissé des liens il y aura bientôt un siècle. Dès l'indépendance, en 1920 (après la tutelle de l'empire britannique), le roi Amânullâh se tourne vers la France pour y former une partie de son élite. En 1922, l’Afghanistan installe une légation dans un hôtel particulier à Paris, 57 avenue Henri Martin.

En 1938, le gouvernement royal d’Afghanistan acquiert le 32 avenue Raphaël. Il sera le huitième propriétaire de cet hôtel particulier, construit après l’annexion en 1864 par la ville de Paris des terrains du bois de Boulogne qui étaient auparavant sur la commune de Passy.

Tous les hôtels particuliers construits le long de l’avenue étaient sujets à des contraintes particulières. La Ville de Paris a imposé aux acquéreurs des terrains riverains de l'avenue l'obligation de clore leurs propriétés au moyen de grilles d'un modèle déterminé, de cultiver en parterres d'agrément une zone de 10 m en arrière de l'alignement, de n'élever que des maisons d'habitation bourgeoise et d'établir les façades principales de leurs constructions parallèlement à la voie publique.

Nous nous efforcerons, lors de la visite, de raconter parallèlement à l’histoire du 32 avenue Raphaël, celle des relations franco-afghanes. Alors qu’en 1922, trois ans après l’indépendance, le roi Amâmullâh ouvre des relations diplomatiques avec la France et installe Mahmoud Tarzi, son premier ambassadeur avenue Henri Martin, les Français apportent leur concours pédagogique à une école, qui deviendra plus tard le lycée Esteqlal. « Bien sûr, dira plus tard le général de Gaulle, c’est par la culture que le mouvement a commencé, car tout procède de l’esprit. » Amânullâh désigne ensuite les Français, et eux seuls, pour commencer les fouilles archéologiques interdites à tout étranger.

Puis, c’est la fondation de la faculté de médecine, et toutes sortes de collaborations… Dans les domaines de la pharmacie, de l'agriculture, de l'éducation (en particulier avec l’équivalence des baccalauréats), et de l’enseignement supérieur, notamment par les jumelages des facultés de droit et médecine de l’Université de Kaboul avec, respectivement, celles de Paris et de Lyon. Le lien fort entre la France et l’Afghanistan s’est aussi concrétisé à travers l'élaboration de la Constitution afghane dans les années 60, inspirée de la Constitution française, ou encore la mise en place du système postal.

Quelques décennies plus tard les "French doctors" ont marqué, à leur tour, de leur présence, les dures années de l’invasion soviétique, comme le commandant Massoud l'imaginaire des Occidentaux. Aujourd'hui, la démocratie est établie, l'alternance politique en place. Le président Ashraf Ghani, qui a succédé à Hamid Karzaï, essaye de reconstruire son pays martyrisé, dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale, avec son ancien rival aux élections de 2014, le Chef exécutif Abdullah Abdullah.

La France aujourd'hui continue d'accompagner les Afghans. Les deux pays ont signé en 2012 un traité d’amitié et de coopération pour une période de 20 ans. Il s’est traduit par une augmentation importante de l’engagement civil français, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé (soutien à l’Institut Médical Français pour l’Enfant de Kaboul) et des infrastructures, comme par exemple les projets d’électrification de la province de Kapisa.

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