Triptyque Vider Vénus de Gaëlle Bourges

Paris (Paris) • 5 et 6 octobre 2022
Triptyque Vider Vénus de Gaëlle Bourges

Crédits : ©Kit Brown

Vider Vénus rassemble trois pièces – Je baise les yeux, La belle indifférence et Le verrou (figure de fantaisie attribuée à tort à Fragonard).
La fin de chaque volet est le point de départ du suivant : disposition semblable des personnes et des objets, même rideau de velours rouge, mêmes questions.
Il est préférable de voir les trois volets si on souhaite obtenir une réponse aux questions. Mais la réponse n’étant pas limpide, on peut se contenter d’un ou de deux volets.

  • Je baise les yeux est né dans le sillon de la performance « STRIP », proposée par Gaëlle Bourges à Marianne Chargois et Alice Roland, deux collègues de travail, lors de la Nuit Blanche 2008 à Paris. Chorégraphe depuis une dizaine d’années à l’époque, et fraîchement en exercice en tant que strip-teaseuse pour boucler ses cachets d’intermittente du spectacle, Gaëlle Bourges souhaitait rendre compte de son expérience au sein du théâtre érotique. Est née la conférence/démonstration Je baise les yeux, qui ne présente pas les modalités d’un strip-tease réussi, mais fait le tour de ses us et coutumes, des savoir-faire qu’il implique, des catégories qu’il pérennise, des interactions qu’il révèle entre monde de la pornographie et monde de l’art – dont la pornographie continue à être exclue. Je baise les yeux permet de mesurer combien les pratiques de scène « conventionnelle » et pratiques pornographiques sont reliées, et combien cette liaison, souvent dissimulée parce que considérée comme peu noble, peut en réalité être totalement inspirante.

Conception Gaëlle Bourges
Avec Gaëlle Bourges, Marianne Chargois, Gaspard Delanoë et Alice Roland
Co-écrit par Gaëlle Bourges, Marianne Chargois, Gaspard Delanoë et Alice Roland
Lumière Béatrice Le Sire
Musique Arditi, Chicane et Ranking Dread
Régisseur général Stéphane Monteiro
Production association Os
Administration & production Camille Balaudé
Avec le soutien du Quartz, scène nationale de Brest

  • La belle indifférence dresse deux petits catalogues, l’un fait d’images, l’autre de récits. Le premier présente une série de nus trouvés dans la peinture occidentale entre le XVIe et le XIXe siècles ; le deuxième expose des voix égrenant tour à tour des récits d’histoire de l’art et des récits de travail sexuel. Les deux catalogues se chevauchent, et dans leur entrelacs produisent des points de contraction : l’histoire de l’art réveille les pensées à l’œuvre dans les images (les peintures), tandis que les histoires sexuelles les font ployer (les images). La répétition des points de contraction travaille à aplatir l’excitation créée par le nu, dont c’est aussi la fonction, et non pas pour la nier – l’excitation – mais pour la mettre en relation avec les systèmes de représentation dont elle émane, qu’il serait grand temps d’aplatir aussi.

Conception Gaëlle Bourges
Avec Gaëlle Bourges, Marianne Chargois et Alice Roland
Récits de et par Gaëlle Bourges, Marianne Chargois et Alice Roland
Avec deux extraits radiophoniques de Histoires de peintures – émissions 8 et 18, de et par Daniel Arasse (éditions Denoël, 2004)
Lumière Béatrice Le Sire
Musique Olivier Toulemonde
avec un extrait de « La jeune fille et la mort, D 810 » de Franz Schubert, interprété par le Quatuor Terpsycordes (Ricercar)
Régisseur général Stéphane Monteiro
Production association Os
Administration & production Camille Balaudé
Coproduction Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis ; Le Quartz, scène nationale de Brest

  • Le verrou (figure de fantaisie attribuée à tort à Fragonard) s’ouvre sur la reconstitution du tableau éponyme de Fragonard, peint à la fin des années 1770, et mêle histoire de l’art officielle avec histoires d’art fictionnelles, réminiscences du siècle des Lumières et Star Wars, réthorique sadienne et atmosphère pré-révolutionnaire, performances physiques autour d’un lit et performances discursives à table. En tirant simultanément le fil du pictural, du sexuel, du fantasmatique, de l’historique, on a de fortes chances de tomber sur un os : c’est exactement ça que la pièce cherche. L’os.

Conception Gaëlle Bourges
Avec Gaëlle Bourges, Marianne Chargois, Gaspard Delanoë et Alice Roland
Récit de Gaëlle Bourges, co-écrit avec Marianne Chargois, Gaspard Delanoë et Alice Roland
Avec des extraits de textes de Daniel Arasse – Histoires de peintures, émission 24 (Éditions Denoël, 2004) et Alain Jaubert – Palettes, Le Siècle des Lumières (Arte Éditions et Éditions Montparnasse, 2005)
Lumière Abigail Fowler
Musique Olivier Toulemonde et Stéphane Monteiro a.k.a XtroniK + extraits de « Hus Kingpin/ House of Kingpin : The Revamp Edition », morceau « Star Wars (Remix) » by Killer Ben, édité par MSMN 2016 /« Star Wars – The Force Awakens », de John Williams, éditée par Universal Music, 2015
Régisseur général Stéphane Monteiro
Production association Os
Administration & production Camille Balaudé
Coproduction Ballet de l’Opéra national du Rhin/Centre chorégraphique national de Mulhouse ; CCNT – Centre chorégraphique national de Tours/Direction Thomas Lebrun ; Ville de Morsang-sur-Orge (Essonne)
Coréalisation PACT Zollverein (Essen, Allemagne), Emmetrop (Bourges)

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