Modéliser le monument au Moyen Âge : le décrire et le figurer

Paris (Paris) • Mercredi 13 avril 2022, 14h00
Modéliser le monument au Moyen Âge : le décrire et le figurer

Crédits : Plat de reliure de l’Evangile de Metz, Paris, BnF, latin 9393 (ca. 835-845). Source Gallica.fr, Département des Manuscrits.

Les médiévaux ne voient pas leurs monuments comme nous les voyons ou, plus précisément, ils ne les décrivent pas, dans leurs textes et leurs images, comme le médiéviste le voudrait. Le monument est souvent modélisé à partir d’archétypes scripturaires, de formes standardisées et du détail de ce qu’il contient, ce qui nous informe peu sur la fonction de ses parties. Il s’agira de faire converger formes élémentaires significatives et vocabulaire descriptif pour dessiner ce qu’il reste du monument et de sa singularité lorsqu’il est essentialisé. Quels éléments désignent l’église comme un édifice sacré ? Les parties, volumes et décors d’architecture éclairent-t-ils sur sa fonction, sa communauté et son histoire ? Singularisent-t-ils dans la mise en récit littéraire ou figurée l’identité du monument, son agentivité voire sa vitalité ?

Intervanants :
Gaëlle Herbert de la Portbarré-Viard (Université d’Aix-Marseille), Didier Méhu (Université Laval, Québec), Anne-Orange Poilpré (Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne)

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À propos des journées d'études : Le corps du monument sacré. Formes architecturales et décoratives, environnement et identités (IXe-XIIe siècle)

Depuis l’Antiquité, le monument est vu comme un organisme vivant, un corps dont l’intégrité et l’organisation interagissent avec l’environnement. Le Moyen Âge conserve cette perception. Il conçoit l’édifice sacré comme un corps localisé, positionné et orienté dans son environnement, et comme un corps métonymique du corps social : l’Église.
Deux cycles de rencontres (2022 et 2023) feront converger les réflexions actuelles sur le monument médiéval vers cette perception d’un corps dans son environnement. Les échanges se fixeront sur le IX-XIIe siècle, séquence historique d’intense monumentalisation du paysage et de réflexions chrétiennes sur la fonction du monument sacré. Le cycle 2022 interrogera
le corps monumental par le biais de son identité et de sa présence. Ce corps produit une identité communautaire et territoriale. Mais, par-delà les acquis historiographiques sur l’espace ecclésial (cadre de la liturgie et de la décoration) et sur le monument comme un fait sociologique (forme intelligible du social), il s’agit de penser comment le monument met en présence, aussi, sa propre identité : celle d’un corps vivant, voire d’une personne caractérisée par sa singularité, son histoire, ses attributs, ses marqueurs et son réseau.

En partenariat avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Comité scientifique
Mathieu Beaud (INHA), Philippe Plagnieux (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Domaine de recherche
Histoire de l’art du IVe au XVe siècle

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