Pères et fils: le conceptualisme moscovite après la fin de l'URSS

Paris (Paris) • Jeudi 24 mars 2022, 18h30
Pères et fils: le conceptualisme moscovite après la fin de l'URSS

Crédits : Groupe PPSS (Pavel Pepperstein, Sonia Stéréostyrski), Fantomocartographie, 2021

Sémiologue, slaviste et historien de l’art, Tomáš Glanc est professeur à l’université Charles de Prague et Privatdozent à l'université de Zürich. Il a également enseigné dans les universités de Bâle et Friedrich Humboldt de Berlin. En 2006-2007, il a été directeur du centre culturel tchèque de Moscou. Spécialiste de l’école de sémiotique de Tartu-Moscou, Tomáš Glanc a traité des avant-gardes russes, des liens entre la culture tchèque et la culture russe et de l’art non officiel en URSS. Il a notamment publié : L'Archipel russe : icônes de la culture post-soviétique (2011, Prague, Revolver Revue). Sa conférence portera sur les différentes générations qui ont marqué le conceptualisme moscovite, sur l’héritage post-soviétique d’Ilia Kabakov et de Viktor Pivovarov.

Au sein de l'esthétique conceptualiste, on peut distinguer plusieurs générations d'auteurs. Si les pères fondateurs du mouvement sont nés approximativement au cours des années 1930 du XXe siècle, leurs enfants – dans un sens figuré et parfois dans un sens propre – sont venus au monde vingt ou trente années plus tard. Il ne s'agit évidemment pas tant ici d'une différence d'âge que du devenir du principal courant esthétique et intellectuel des dernières années de l'URSS et des débuts de la période post-soviétique. Quels sont les nouveaux thèmes, les nouveaux procédés qui apparaissent avec la nouvelle génération d'artistes et dans quelle mesure sont-ils – ou ne sont-ils pas – fidèles au conceptualisme moscovite originel ?

La conférence se déroulera en russe avec traduction consécutive.

Intervenant
Tomáš Glanc (université Charles de Prague)
_____

À propos de ce cycle de conférences : Le conceptualisme moscovite

Le conceptualisme moscovite est un courant artistique non officiel, apparu en URSS à partir de la fin des années 1960 et principalement dans la capitale. Le terme « conceptualisme moscovite » recouvre en réalité une grande variété de destins artistiques, une diversité d’approches, de modes d’action et de médiums créatifs, pratiqués par des artistes qui travaillent en collectifs. Le conceptualisme moscovite a inventé de nouvelles stratégies pour contourner les institutions et la censure, pratiquant principalement un art « souterrain », un art produit pour soi-même et non pour un commanditaire, qu’il s’agisse de l’État ou d’un mécène privé. Il s’agit aussi d’une initiative d’autopositionnement et d’autoreprésentation des artistes russes qui souhaitent réintégrer les courants artistiques contemporains mondiaux par le biais de l’art conceptuel. Le conceptualisme moscovite produit des descriptions presque scientifiques, et en même temps très ironiques, des réalités soviétiques et post-soviétiques. Les artistes, tout en ne s’engageant pas dans une démarche dissidente, se situent en marge de la vie sociale : ils s’attachent à l’observer à la manière d’ethnographes dans un monde étranger.

En partenariat avec le LabEx COMOD de l’université de Lyon

Comité scientifique
Ekaterina Bobrinskaïa, Stéphane Gaessler (INHA, centre André Chastel), Valérie Mavridorakis (Sorbonne Université, Centre André Chastel), Zahia Rahmani (INHA), Igor Sokologorsky (Labex COMOD, Université de Lyon)

Domaine de recherche
Histoire de l'art mondialisée, programme « Observatoire : Globalisation, Art et Prospective »

Mots-clés :
Conceptualisme moscovite

Autres événements à Paris