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Crédits : Écran à main Le Lion s’en allant en guerre. Carton, gravure, gouache, manche en bois tourné, seconde moitié du XVIIIe siècle. New York (USA), Cooper-Hewitt Museum, inv. 1927-17-5. Cooper-Hewitt Museum, inv. 1927-17-5.
Au XIXe siècle, le cadre est de plus en plus utilisé par les peintres symbolistes comme un acteur à part entière du fonctionnement de leurs tableaux, indissociable de l’image qu’il entoure. Empreintes d’idéalisme, les œuvres symbolistes ont pour particularité d’affirmer une distance, voire un
retrait ou un refus vis-à-vis du monde extérieur. À travers une étude des choix d’encadrement d’artistes tels que Gustave Moreau, Armand Point ou Edgard Maxence, nous nous intéresserons à leur désir de séparer, d’isoler leurs peintures de leur environnement, ainsi qu’aux paradoxes de cette position à la fin du XIXe siècle où le tableau devient un meuble comme les autres, et où la circulation des images – et des images de peintures – s’intensifie.
Objets modestes de la vie quotidienne, l’écran à main fait l’objet d’un usage important au XVIIIe siècle. Composé de carton et d’un manche en bois tourné, il est orné d’un décor peint, de gravures découpées ou spécifiquement composées. Destiné à protéger le visage de l’ardeur du foyer, apprécié aussi bien des hommes que des femmes, il est posé et repris sans cesse en main. Ces décors alimentent
la conversation et divertissent. Voués à être renouvelés régulièrement, fragiles, et parfois jetés aux flammes, les écrans
à main sont malmenés. Peu nombreux sont les exemples qui nous sont parvenus. Nous évoquerons leur fabrication, leur diffusion et leurs usages : autant de gestes qui témoignent du raffinement de l’objet et des aléas de sa vie éphémère.
Intervenantes
Louise Delbarre (COARC, Ville de Paris), Georgina Letourmy-Bordier (docteure en histoire de l’art)
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À propos de ce séminaire : Gestes d'images
Nombreux sont les gestes attachés à la manipulation physique des images. Dessinant un faisceau de procédés, d’usages et de valeurs, ils font l’objet de ce séminaire. Ce cycle est consacré à l’exploration des opérations matérielles que suscitent les pratiques quotidiennes ou exceptionnelles, populaires ou savantes des images, de leur fabrication à leur manipulation, leur association, leur altération, etc., ainsi qu’à l’analyse de ce
que de telles pratiques indiquent du rôle des images comme de la valeur qui leur fut conférée. Ainsi, il s’agit d’explorer les formes les plus extrêmes de l’appropriation des images – de celles que l’on ingère à celles que l’on détruit – avant de s’intéresser, à rebours, aux images qui protègent et aux manières de les protéger.
Succédant à une première série d’interventions centrées sur la notion d’appropriation, le séminaire se prolongera jusqu’en juin 2022. Axé sur un long XIXe siècle, il ne s’y limitera néanmoins pas, et s’ouvrira à des champs variés, du tatouage à l’ingestion des images, en passant par la manipulation de caricatures et les modalités de l’iconoclasme.
Un site internet accompagne le séminaire : gestesdimages.inha.fr. Rassemblant résumés des interventions et biographies des intervenants, le replay des séances et les bibliographies détaillées, de même qu’un faisceau d’images, de vidéos et de liens vers des sources et ressources en ligne, ce site en perpétuelle évolution se présente comme le reflet des travaux du séminaire, et comme le lieu de ses prolongements.
Responsable scientifique
Marine Kisiel (laboratoire InVisu CNRS/INHA)
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