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Crédits : Séverin Mouyengo et Lamane, quartier Château Brazzaville © Manuel Charpy, 2018
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À l’occasion des 38e Journées européennes du patrimoine les deux sites patrimoniaux de l’INHA, la galerie Colbert, ancienne galerie marchande, et la prestigieuse bibliothèque conçue par Henri Labrouste sont accessibles en visite libre accompagnée de médiation par des étudiants en archéologie, histoire de l’art et patrimoine. Les visiteurs peuvent à cette occasion découvrir l’histoire méconnue du passage parisien qu’est la galerie Colbert. Dans la bibliothèque, le public peut admirer la salle de lecture spectaculaire avec ses céramiques et décors peints, les médaillons décorés à la feuille d’or, les caryatides monumentales, les balcons, les calorifères, ou encore le pneumatique installé en 1932.
C’est aussi l’opportunité de faire découvrir aux visiteurs les nombreuses activités de l’Institut national d’histoire de l’art à travers un programme varié. Ces journées permettent en effet aux historiens de l’art qui travaillent dans la galerie Colbert et la salle Labrouste de partager leur passion le temps d’un week-end, en lien avec le thème de ces Journées européennes du patrimoine, « Patrimoine pour tous ! ». L’INHA invite ainsi Manuel Charpy, historien de la culture matérielle et de la culture visuelle, pour une grande conférence intitulée «La mémoire longue d’une mode populaire : la Sape en Europe et au Congo (XIXe-XXIe siècles) ». Salle Labrouste, une exposition présente les canaux par lesquels art et patrimoine ont pénétré au XIXe siècle jusque dans les foyers modestes : anamorphoses, vues d’optique, peep-shows, livres de fêtes, revues et même cartes postales. Les personnels de la bibliothèque commentent aussi un choix de documents et évoquent avec le public la pratique de leur métier.
La parole est également donnée aux jeunes chercheurs : les doctorants en histoire de l’art prennent ainsi 10 minutes pour exposer leur sujet de thèse tandis que les étudiants en master ont 180 secondes lors d’un concours dédié.
Des ateliers pour les enfants et familles ainsi qu’un salon de lecture pour le jeune public viennent compléter ce programme.
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A propos de cet événement
Conférence - La mémoire longue d’une mode populaire. La Sape en Europe et au Congo (XIXe-XXIe siècles)
Les subcultures sont réputées éphémères, comme une éruption à la surface du corps social. Zoots, Zazous, blousons dorés ou noirs ne sont-ils pas passagers ? Si l’on ajoute que l’une de leurs manifestations les plus visibles est la mode, elle-même changeante, tout indique qu’elles ne devraient ni durer, ni se construire une mémoire. On annonce ainsi la mort de la « Société des ambianceurs et des personnes élégantes » (S.AP.E.) depuis les années 1960. Or si elle dure, c’est sans doute parce que, tout en naissant en situation coloniale, elle se réinvente dans les migrations et face aux situations politiques des deux Congo. Construction esthétique, elle charrie des manières d’être visible dans l’espace public et de donner une forme à une subversion politique, sociale et économique.
À côté des archives administratives, les sapeurs eux-mêmes produisent des récits de vie comme des récits mythiques des origines, tant les jeux avec la langue sont indissociables de ces pratiques vestimentaires. Pour les colons comme pour les « élégants », la mode est aussi depuis le xixe siècle une bataille d’images. Les garde-robes elles-mêmes portent mémoire et histoire. Rien d’anodin à porter dans les années 2010 un casque colonial bleu turquoise à Paris, une réplique d’uniforme colonial de 1900 aujourd’hui à Brazzaville ou un kimono à Kinshasa. Cette manière qu’a la sape de rejouer constamment sa propre histoire invite à se défaire de toute interprétation rapide, de tout regard pittoresque.
Directeur d’Invisu (laboratoire CNRSINHA), chargé de recherche au CNRS, Manuel Charpy est spécialisé en histoire de la culture matérielle et de la culture visuelle. Auteur d’une centaine d’articles et de plusieurs ouvrages, à la fois sur l’histoire de l’Afrique de l’Ouest et sur la culture matérielle en France au xixe siècle, il travaille actuellement à des publications sur l’histoire du vêtement et de la mode, l’histoire du portrait et il publie en septembre un essai avec Gil Bartholeyns sur les techniques dans le quotidien. Il a créé avec Patrice Verdière en 2015 Modes pratiques, revue d’histoire du vêtement et de la mode (revue annuelle, 480 pages) et édité Ma vie dans la sape, les mémoires sapeur congolais Séverin Mouyengo (édition Petite Égypte, 2020).
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Informations pratiques
Samedi 18 septembre, 17h45-19h30
Galerie Colbert
Entrée dans la limite des places disponibles sur présentation d'un pass sanitaire valide.
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