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Crédits : © Compagnie La Dissidente
À la faveur d'une tournée organisée par le Centre Dramatique National de Normandie, le Clos des Fées co-accueille à Paluel "La plus précieuse des marchandises", la récente création de la Cie rouennaise La Dissidente. Adapté d’un texte publié en 2019 par le dramaturge Jean-Claude Grumberg, ce conte sombre emporte le public dans un monde surréaliste et pourtant bien réel.
Sur le plateau, les merveilleux comédiens Destin Destinée Mbikulu Mayema et Marie-Hélène Garnier portent en duo l’histoire, évoluant dans une superbe scénographie de Brice Berthoud, jonchée de toiles achevées ou réalisées en direct par la plasticienne Karine Lemoine dont le pinceau, suggère les faits, de l’indicible à l’espoir.
La narration rapporte ainsi l’aventure d'un couple de bûcherons sans enfant… En lisière de la forêt où ils vivent, s'est construit une ligne ferroviaire où chaque jour, passent des trains de marchandises. Un matin, alors que la pauvre bûcheronne observe le passage du train, un petit paquet est lancé par la fenêtre, enveloppé dans un châle. Celui-ci s’avèrera contenir « la plus précieuse des marchandises », une petite fille. Pour son frère jumeau et ses parents, le tragique voyage se poursuit les conduisant vers... Auschwitz. La bûcheronne recueille alors cet enfant dont elle rêvait puis l'élève comme sa propre fille, la protégeant de ceux qui voudraient lui enlever. Au village, la rumeur ne tardera pas à colporter que l’enfant serait une « sans-cœur »...
Par une subtile conjugaison entremêlant réalité et fiction, ce texte nous chuchote à l’oreille que certaines atrocités émergent parfois de grandes grâces. Ainsi, dans un seul et même conte, effroi et émerveillement se donnent à voir, laissant surgir les rêves comme les gestes d’amour. Sous-jacent au texte, le devoir de mémoire se voit compensé par l’auteur par la nécessaire orientation vers la lumière, celle permettant de construire de nouveaux lendemains.
En s’emparant ce conte en duo, les metteuses en scène Marie-Hélène Garnier et Hélène Cabot révèlent ensemble leur besoin de transmettre aux jeunes générations, un pan de cette Histoire, restée parfois silencieuse dans les familles tant les plaies demeurent profondes.
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