L’exposition : Se souvenir du blanc… mémoires de glace ! Natahlie Kopp

Nantes (Loire-Atlantique) • 8 et 9 novembre
L’exposition : Se souvenir du blanc… mémoires de glace !                         Natahlie Kopp

Crédits : Nathalie Kopp

L’exposition : Se souvenir du blanc… mémoires de glace !
Il faut du temps pour que les glaciers naissent, et parfois meurent. Ils se déplacent, lentement, ou par à-coups lorsqu’une « surge » glaciaire accélère leur descente.
Sur les rivages, leur front se brise et « vêle » des icebergs qui s’en vont flotter au gré des courants. Les glaciers vivent, dans une apparente éternité.
Il a fallu longtemps aux hommes des terres tempérées pour qu’ils explorent, admirent, comprennent les mouvements des glaces. Et quelques dizaines d’années seulement pour qu’ils assistent, effarés, à leur fonte accélérée, à leur disparition parfois.
Les glaciers sont aujourd’hui au cœur de l’attention du monde, tant le message que porte leur recul nous inquiète.
Chez Nathalie Kopp, la fascination pour le blanc et le froid n’est pas nouvelle. Après les émois de l’enfance dans la neige du Jura et les séjours de jeunesse dans la vallée de Chamonix, viendra plus tard la stupeur devant le recul du glacier d’Argentière.
Et l’irrépressible besoin de se confronter à la banquise et aux icebergs du Groenland. Où tout est blanc et bleu, gris, parfois taché de rouge sang.
L’artiste y aimera la lenteur, la contemplation, le silence et le froid, les sourires inuits.
Capter l’instant, bien sûr, par des photographies, des dessins, des vidéos, des peintures.
Mais c’est par une autre approche graphique que Nathalie Kopp va s’emparer du monde glaciaire.
En dessinant le relief du fjord de Sermilik, elle va découvrir le moyen d’un nouveau voyage intérieur, quand la pointe du crayon suit les courbes de niveau et que des souvenirs reviennent, quand le paysage tourmenté se fait courbes sereines, quand le temps du tracé fige le corps dans une lente application.
À cette échelle cartographique, le territoire ne laisse rien deviner d’éventuelles présences humaines. Il se laisse appréhender dans son immensité, il se laisse survoler, il se fait comprendre.
L’artiste peut alors découvrir de nouveaux espaces, de nouvelles montagnes, de nouvelles mers, des glaciers qu’elle n’a plus besoin d’arpenter pour les connaître.
De ses dessins, elle va faire des négatifs qui, par la magie du cyanotype, vont retrouver le blanc et le bleu du réel, redevenir paysages, séduire.
Nous alerter aussi, puisque le travail plastique de Nathalie Kopp nous parle d’un état précaire, d’un monde qui change, de disparitions. Dans les courbes de niveaux, l’insertion de photographies, de présences humaines, témoigne d’une tristesse partagée avec d’autres amoureux des paysages de glaces.
Dans son atelier, Nathalie Kopp dessine, découpe, assemble, colle, insole, révèle, dans le temps précis du travail manuel, artisanal, dans l’épaisseur du trait.
Mais c’est bien l’immensité d’un désastre qu’elle nous donne à voir.

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