Art urbain en Tunisie

Nantes (Loire-Atlantique) • 26 mars - 24 avril 2022
Art urbain en Tunisie

Crédits : © Anouk Durocher

Explosive lors de la révolution de 2011, la scène artistique tunisienne s’ancre dans l’environnement urbain. Malgré le manque de perspectives et de moyens, une partie de la jeunesse prend la parole sur les murs de la ville. D’abord message politique, l’expression de la rue se transforme peu à peu en réalisation artistique. Focus sur un pays dont la ferveur n’a pas dit son dernier mot.

Artistes invités

Anouk Durocher - journaliste/photographe (France)
Anouk est une jeune journaliste indépendante en presse écrite et enradio. Au fil de ses études en Histoire et en Sciences politiques, elle s’est particulièrement intéressée aux enjeux liés aux luttes sociales, aux minorités et à la région du bassin méditerranéen.
Dans le cadre de son mémoire à l’Université Libre de Bruxelles, elle a réalisé un travail de terrain sur le féminisme et les arts urbains en Tunisie, prenant aussi la forme d’un photoreportage puis d’une exposition. Sa recherche a été encadrée par l’Institut de recherche sur le Maghreb Contemporain à Tunis.
À l'issue de ce projet, elle a travaillé à Géopolis, centre de photojournalisme et projet radio bruxellois et écrit aujourd’hui pour Manifesto XXI, web média engagé sur les questions de visibilisationartistique.

Ouméma Bouassida - artiste urbaine (Tunisie)
En 2011, Ouma commence ses premiers essais de graffiti à Tunis. Depuis, cet art est devenu la passion pour laquelle elle s’investit au quotidien, son rêve de changer le monde et d’impacter le développement culturel et artistique.
"Malgré le fait que ce soit un art éphémère, le graffiti permet de diffuser des messages directement au grand public et le pousse à réfléchir autrement autour de différentes thématiques pour lesquelles je suis engagée, telles que l’égalité des sexes, l’environnement, la pollution, le développement durable ou encore la cohésion sociale."
Son engagement artistique et associatif lui a permis de toucher un public international grâce à des interviews dans différents médias, et des apparitions dans des films documentaires représentant la culture HIP HOP.

Dismalden - photographe (Tunisie)
Dismalden, de son nom Mourad Ben Cheikh Ahmed est un photographe Tunisien qui explore et prend en photo la médina deTunis. Son projet "Lost in Tunis" est un projet photographique d’exploration urbaine (URBEX) qui vise à explorer, documenter, mettre en valeur et partager des photos de monuments, bâtiments, quartiers ayant quelque chose d'intéressant, d’insolite, de remarquable de part leurs histoires, architectures, légendes urbaines, etc.
L’exploration et la capture des vestiges avant leurs transformations ou disparition totale est un des points fort de ce projet, à tel point qu’il a été rapidement suivi et encouragé par les passionnés d’Histoire et d'architecture, amateurs et professionnels, tunisiens et étrangers.

Jaye - artiste urbain (Tunisie)
Artiste franco-tunisien, né à Paris, Jaye découvre le graffiti en 1991
en parcourant "Spraycan art". Il est également co-fondateur, avec Manyaket Kube, du collectif W73.
Il rejoint le collectif TVA en 1997 (The Vandal Art) et fait sa première exposition solo en 1999 au magasin Triiad' à Paris. Peignant de manière routinière, son travail reçoit un nouvel élan en 2003 par la rencontre de Nilko qui deviendra son pair pendant de nombreuses années.
Après un certain nombre d'expositions et de collaborations artistiques en France (2003-2009), Jaye s'installe à Tunis (2012) pour entamer une nouvelle phase de son travail, comprenant le risque de manquer de matériel adéquat, il décide d'expérimenter de nouveaux médias. Sa rencontre avec le sculpteur Nouthayel Belkadhi - Nono, donne naissance à des " graffiti-sculptures ", sculptures sur lesquelles il transpose l'univers du graffiti et confronte son esthétique à celle de l'art contemporain.

Shoof - artiste urbain (Tunisie)
Plasticien né en Tunisie, Shoof est arrivé en France en 2004 pour suivre ses études. Après un DEA en droit et un second de sciences politiques, il se lance dans une thèse qu’il abandonne rapidement quand la calligraphie s’impose à lui. Il pose des lettres, dix heures par jour, sur des rames de papier. Sa langue maternelle se mue en moyen d’expression. Ce besoin viscéral d’écrire et de composer bientôt son propre idiome, l’emmène sur une nouvelle voie artistique. « Au départ, je gribouille pour ne pas penser, mais finalement l’inconscient pense tout le temps. À la recherche perpétuelle d’un non sens, cette calligraphie devient indéchiffrable, indécodable, illisible. C’est une écriture très personnelle et intime qui ne regarde que moi », indique-t-il. La lettre arabe est un prétexte dans sa quête d’identité. Shoof professionnalise sa démarche, peint à l’intérieur de la Tour Paris 13, réalise sa première vente aux enchères aux côtés d’un tableau de Banksy, est représenté par la galerie Itinerrance et bientôt d’autres galeries à travers le monde.

Commissaires d’exposition

Sarah Marouani et Guillaume Frémond, chargés de projet pour l’association Plus de Couleurs ; Anouk Durocher, journaliste-photographe. En collaboration avec Chaima Benhajali, historienne de l’art et conseillère culturelle.

Visites guidées

Plusieurs visites guidées (45 min) sont proposées pendant la présentation de l'exposition :

  • les mercredis 6, 13 et 20 avril à 15h30 et 16h45
  • les vendredis 15 et 22 avril à 15h30 et 16h45
  • et le samedi 2 avril à 16h00 et 17h15

Gratuit sur réservation auprès de l’espace Cosmopolis au 02.52.10.82.00

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