OROUNI + SOFIA BOLT + ATHANASE GRANSON

Montreuil (Seine-Saint-Denis) • Jeudi 19 juin 2014, 20h00
OROUNI + SOFIA BOLT + ATHANASE GRANSON

Orouni
Troisième album d’Orouni, Grand Tour a été conçu comme un journal de bord, écrit et composé à la suite d’un voyage de plus d’un an autour du monde. Les douze chansons du disque, auxquelles il faut ajouter deux remarquables faces B, correspondent chacune à un des quatorze pays visités (Corse, Berlin, Mali, Thaïlande, Afrique du Sud, Sénégal, Australie, Japon, Brésil, Finlande, New York, Chine, Chili et Liban). De ces courts voyages successifs Orouni a rapporté les instruments avec lesquels il a arrangé son disque – ces cavaquinho, charango, kalimbas, balafon qu’il a décidé d’utiliser systématiquement à contre-emploi, pour leur faire évoquer un autre pays que celui dont ils proviennent – ainsi qu’une collection d’impressions touristiques. Les textes, un peu comme chez Bob Dylan, ressemblent à des mosaïques ; ils ne donnent jamais de la situation décrite une image unifiée – the Big Picture – mais l’évoquent par une juxtaposition de détails, de personnages, de citations (« Take the train and go, go to Hanko and its green casino but you won't be able to gamble on the archipelago »). Et, comme chez Dylan, l’impression qui en ressort est celle d’un narrateur qui cherche moins à expliquer ce qu’il voit qu’à utiliser l’écriture comme une extension de sa perception. http://orouni.net/

SOFIA BOLT
1ST EP OUT NOW on itunes
www.soundcloud.com/sofiabolt
NOISEY/VICE: "Echoes the skeletal sound of Young Marble Giants and emotive vocals of Cat Power"
http://noisey.vice.com/blog/here-is-sofia-bolts-new-video
Nullement liée par le sang au sprinter Usain Bolt, Amélie Rousseaux, qui a choisi Sofia Bolt comme alter ego, n’en a pas moins déjà parcouru à 25 ans le monde à une vitesse éclair. De nationalité franco-américaine, elle a vécu à Londres, Amsterdam, Hong Kong et Montréal, où la scène locale lui fait déjà de l’oeil. Dans des groupes depuis ses 16 ans, elle prend plaisir à faire des harmonies et communier avec le public. De retour à Paris où elle réside aujourd’hui, elle participe aux soirées Open Mic de Pop In, petit raout de musiciens où l’on se fait déjà écho de ses belles performances.
On n’oublie pas le chant de Sofia Bolt facilement : elle a hérité de la voix de soprano de sa mère, chanteuse d’opéra, mais plutôt que se contenter de ce que la nature a choisi de lui donner, elle préfère aller à contre courant et s’imposer de chanter bas, d’où sa souplesse vocale surprenante. De son père en revanche, elle a hérité des bases de sa culture rock : les Stones, Bowie, Magazine avant tout et puis Siouxsie, icône punk féminine qui inspire forcément des vocations. Ces références qui ont mené tant d’autres groupes de sa génération à construire leur style musical sur un palimpseste, Sofia n’a pas choisi de digérer ces influences pour les ressortir un brin modifiées mais opte pour un engagement : celui de déjouer les codes et ouvrir de nouvelles voies à une musique à la fois pop et expérimentale. Pas étonnant donc, qu’on trouve en ce moment sur ses platines les adeptes du grand écart Fever Ray, The Knife ou Little Dragon.
Putôt que chercher son inspiration chez d’autres musiciens, c’est dans d’autres arts plus visuels qu’elle laisse son âme vagabonder. Ainsi Honey Monster Love, le morceau titre de l’EP, éclate en musique les bulles de la BD érotique et surréaliste Haldernablou de Tom de Pekin sur un texte d’Alfred Jarry.
Ce premier EP Honey Monster Love sorti au printemps a été produit par son amie Louise Roam, qui a donné une orientation électronique à cette musique pensée au départ sur une guitare, intimiste et plus inspirée par Cat Power que par des beatmakers. Enregistré deux jours par semaine pendant un mois, le résultat marque déjà un tournant dans la carrière de Sofia Bolt. Son minimalisme héritier du post-punk rappelle la voix hantée de Young Marble Giants, actualisée par des batteries électroniques qui donnent le coeur battant.
Sur “Roads”, la voix se détache de l’instrumentation pour se confier : “I want a modern family with you...”, une ligne de guitare épurée la rejoint, caresse l’oreille avec une tension qui ravira les fans des XX. Les textes introspectifs et les mélodies contrastées sont portés par une voix charnelle qui varie la diction, joue des silences, hésite entre le chaud et le froid. Parfois Sofia susurre puis s’écrie, avec son timbre unique dont on se délecte sur “Making It Quick”. Sur “Cry Baby” on la découvre enjouée, à la manière d’Electrelane, même si d’une phrase à l’autres elle peut soudain devenir et parfois plus dark comme feu-Battant. Moins c’est mieux musicalement pour cette minimaliste qui devient par contre maximaliste quand il est question de générosité sur scène.
Et on ne s’en étonne pas en sachant que son parcours à Sciences Po a dérivé vers des études de théâtre où elle s’est éprise du devised theatre, une méthode collaborative d’écriture d’une pièce. Elle d’ailleurs crée une pièce unique appelée “Selection”, qu’elle a présenté en off à Avignon. Elle y opposait le public est contre ouest, en référence directe au mur de Berlin en proposant au public d’éjecter les comédiens à l’aide de boîtiers électroniques.
Dans cette création, elle se glissait naturellement dans le rôle de la présentatrice et encore aujourd’hui, qu’importent les planches, elle reste toujours la maîtresse du jeu, une entertainer qui trouve son plaisir dans la communion avec la salle.
Elle électrisait d’ailleurs l’International avec sa reprise de Deceptacon de Le Tigre en featuring avec ALB lors d’un récent concert. Sa formation live est encore élastique : batterie ou machines, seule ou accompagnée, sa transe est infectieuse, et le meilleur moyen de se faire contaminer est de la découvrir à Paris le 14 juin à l’International et le 27 juin au Punk Paradise.
-Charline Lecarpentier

Athanase Granson enregistre en solo depuis des années dans son home studio parisien. Il sort en 2013 son premier album chez fauvelandtale -disponible en digital, ou en physique lors de chaque concert.
Sur scène il est accompagné des deux musiciens de Like billy-ho (guitares et claviers). Laurent Talon (Dorian Pimpernel) tient la basse et Stéphane Bellity (Ricky Hollywood / Melody's Echo Chamber) est à la batterie.

Mots-clés :
Le Chinois Gratuit Concert

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