Structure 2
Oui
Nous proposons de nous retrouver le 6 avril à 20h pour un troisième de temps de discussion sur le mouvement en cours. Le 3 mars, nous avons appuyé nos discussions sur le texte de Roland Simon : Le mouvement contre la réforme des retraites en France (automne 2010), puis, le 14 mars, sur un texte de Carbure Printemps 2018 : sur les mouvements sociaux et la défense du service public. Ces discussions sont ouvertes à toutes et tous : s’il est conseillé de venir en ayant lu le texte proposé à la discussion, voire les précédents, il en est quoiqu’il en soit proposé un bref résumé pour entamer la discussion (si vous voulez être tenu-e informé-e ou si vous avez des questions, écrivez-nous au café-librairie ! michelefirk(at)riseup.net).
C’est peu dire que la situation a beaucoup évolué depuis que nous avons commencé, début mars, à nous réunir pour discuter du mouvement en cours. Les surprises et rebondissements se multiplient, mais certaines constantes des mouvements précédents des dernières décennies reviennent aussi.
Si l’on s’essayait à esquisser, à gros traits, les contours de la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, on pourrait insister sur les éléments suivants : la grève générale n’a sans surprise pas eu lieu, mais des points de blocages (d’intensité et d’efficacité variable) se sont multipliés quasi-quotidiennement (d’autant plus puissamment les jours de manifestation) ; les premières fissures qui sont apparues dans l’intersyndicale ont semblé s’effacer lors de l’annonce de l’utilisation du 49-3 par l'exécutif, favorisant une relance et une extension du mouvement contre la réforme des retraites en partie devenu une réponse contre ce qui est présenté comme une attaque contre la démocratie et la république attribuée à un exécutif en supposée "crise d'hégémonie" ; depuis ce même 49-3, les manifestations sauvages nocturnes (et leurs incendies de poubelles) se sont ajoutées au répertoire d’action, faisant exister la grève dans toutes les villes de France.
La grève est devenue crise politique, mais, paradoxalement si le mouvement s’étend en débordements multiples et rebondissements inattendus, le nombre de grévistes diminue et la grève du travail ne s’étend peu et pourrait même s’arrêter (notamment parmi les éboueurs) ; parallèlement tant les réquisitions de grévistes pour les contraindre au travail que la répression judiciaro-policière va s’intensifiant, meurtrissant chaque jour plus durement les corps, les âmes et les vies.
Ces brefs éléments mentionnés, nous proposons de continuer à essayer de discuter les paradoxes et contradictions de la situation présente, aussi imprévisible soit-elle.
Cette imprévisibilité est d’ailleurs toute relative, puisque les formes de contestation semblent actuellement apparaître, se figer, et disparaître avec une vitesse surprenante. Il nous semble donc pertinent d’interroger le contenu des revendications et le rapport à la spontanéité dans le mouvement en cours en discutant un texte du collectif Endnotes, Spontanéité, médiation, rupture. Partant de l’histoire de la grève de masse, et du problème de la coordination pour discuter les concepts-clés de la théorie révolutionnaire, ce texte nous permettra de discuter des conditions de possibilités pour la suite du mouvement, en espérant se faisant s’accorder sur les limites actuellement rencontrées, non par pour les résoudre ou les dépasser mais parvenir à les affronter. On tournera autour donc autour des mystères de cette formule d’Endnotes : « c’est seulement en se colletant avec la limite que les prolétaires formaliseront la question dont la révolution est la réponse ».
Oui
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