Auberge de jeunesse HI Marseille Bois Luzy (FUAJ)
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GRANDE LECTURE MUSICALE
Panaït Istrati, une vie romanesque
Libre penseur et vagabond globe-trotter, personnage romanesque avant d’être écrivain, Panaït Istrati, « Le Gorki des Balkans » pour reprendre la formule de Romain Rolland, est l’auteur méconnu de quelques livres magnifiques sur les révolutions sociétales et politiques au début du xxe siècle en Europe et en Orient.
Dans deux albums de BD édités récemment, le dessinateur Golo retrace la vie rocambolesque de Panaït Istrati et rend hommage à ses combats avant-gardistes et à sa littérature insoumise. Né en 1884 à Brăila d’une mère roumaine blanchisseuse et d’un père contrebandier grec, Panaït Istrati sillonna l’Europe et la Méditerranée en exerçant divers petits métiers avant de s’installer en France et de devenir un écrivain de langue française, aidé à ses débuts par Eugène Ionesco. Ses premiers romans à caractère autobiographique mettent en scène son double littéraire, Adrien Zograffi. À la fin de 1927, communiste convaincu, il voyage pendant seize mois en URSS. Le récit qu’il fait de son voyage, publié en 1929 sous le titre Vers l'autre flamme, livre cosigné avec Boris Souvarine et Victor Serge, est un coup de tonnerre et fustige le stalinisme. Cette critique implacable du système soviétique, parue sept ans avant Retour d’URSS d’André Gide, lui vaudra d’être lynché par l'intelligentsia de gauche en France. De retour en Roumanie, l’écrivain se fait conteur haïdouc et publie d’autres ouvrages qui racontent les destins singuliers de personnages issus des bas-fonds prolétaires. Pour les communistes, il était « fasciste », pour les fascistes il était « cosmopolite ». Témoin des injustices sociales de son temps, il mourra seul, le 16 avril 1935 à Bucarest, à l'âge de 51 ans. Avant d’être oublié de tous.
Pour rendre justice à ses combats et à ses textes qui composent une œuvre immense restant méconnue, Oh les beaux jours ! vous convie à une soirée spéciale. Le comédien Simon Abkarian (que l’on a vu au cinéma chez Robert Guédiguian ou à la télévision dans les séries Kaboul Kitchen et PIGALLE, LA NUIT), accompagné en musique par le grand musicien Ibrahim Maalouf, feront entendre la belle langue et les engagements d’Istrati. Avec la projection des dessins originaux de Golo.
À lire : Panaït Istrati, Œuvres, tomes I, II et III, Libretto, 2015.
Golo, Istrati !, tomes 1 et 2, Actes Sud BD, 2017 et 2018.
À écouter : Ibrahim Maalouf, « Levantine Symphony No.1 », Mister Ibe, 2018.
Lecture : Simon Abkarian
Musique : Ibrahim Maalouf
Dessins : Golo
Mise en espace : Julie Kretzschmar
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