Materials in the afterlife of artworks 2/2

Lyon (Rhône) • Jeudi 27 juin 2024, 11h00
Materials in the afterlife of artworks 2/2

Au cours des dernières décennies, la “vie d'après” (Afterlife) des œuvres d'art est devenue un sujet à part entière en histoire de l'art, constituant même un cadre de réflexion méthodologique, et les approches en ont été très diverses. Par exemple, Francis Haskell (1980) abordait les évolutions du goût par rapport au collectionnisme, Hubert Damisch (1987 et 1992) se demandait comment les œuvres d´art réactivent/revivent des problèmes précédemment exposés par d´autres, avec lesquelles elles forment un « groupe de transformation ». Au fil du temps, l'étude de la survivance des œuvres, de leurs mises à jour et déplacements, semble avoir convergé avec le « tournant iconique », comme en témoigne la récupération de l'iconologie d'Aby Warburg et de sa notion de Nachleben en termes d'anthropologie de l'image, réalisée, entre autres, par Hans Belting (2001) ou Georges Didi-Huberman (2010).

Cependant, aborder le sujet de la “vie d'après” (Afterlife) des œuvres d'art du point de vue de la matérialité incite à poser de nouvelles questions. Tel est l´objectif de cette session où l’on tiendra compte de la nature, de la portée et de la spécificité des processus de survie et de déplacement. Les articulations œuvre/matière/image et matérialité/patrimonialisation numérique, ainsi que les rapports entre pratiques individuelles et collectives, occidentales et non occidentales, que véhicule l´utilisation de matériaux spécifiques, en constituent les interrogations fondamentales. Dans cette perspective, quels aspects la matérialité initiale de l'œuvre induit-elle comme potentialités réceptives dans sa vie posthume ? De quoi la matérialité initiale est-elle porteuse? Ou, à l'inverse, qu'est-ce qui est conservé de l'œuvre initiale après sa restauration ou sa transposition ? Plus largement, comment l'œuvre d'art est-elle « augmentée » par la numérisation, lui permettant d’acquérir une nouvelle « persona» avec laquelle nous interagissons et cohabitons autrement, au sens que Lévy-Bruhl (1927) et Denis Vidal (2012) ont donné à cette expression lorsqu'on étudie les effets de la présence dans différentes cultures ? Et, si l’on étend la notion de matérialité à l'afterlife des œuvres d'art : comment, dans le cas des re-enactments fondés sur des survivances ou des transformations matérielles, l'œuvre se métamorphose-t-elle au moyen de matériaux et de pratiques véhiculant des codes culturels différents ? Comment l'œuvre d´art restaurée devient-elle partie intégrante de la « persona » de l'œuvre originale ?

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