Le(s) granite(s) comme matériau global : une histoire connectée, technique et culturelle

Lyon (Rhône) • Jeudi 27 juin 2024, 16h00
Le(s) granite(s) comme matériau global : une histoire connectée, technique et culturelle

Le granite est l'une des roches les plus abondantes à la surface de la terre, on l’exploite sur l’ensemble des continents. Sa grande résistance et son aspect grenu le rendent adapté à de multiples usages depuis le ballaste ferroviaire jusqu’à la pierre d’appareil. Utilisé également depuis les origines de la sculpture monumentale, il ne reçoit son nom actuel qu’au xive siècle dans le vocabulaire des Marmorarii romains qui le désignent par son grain (grano en italien). Il semble utilisé durant l’antiquité égyptienne et gréco-romaine à la manière des autres roches polissables tandis qu’il est investi d’une véritable charge identitaire à partir du milieu du XVIIIe siècle par certains courants intellectuels des espaces germaniques. Ces quelques exemples révèlent que son emploi massif et répandu va de pair avec des différences de perception et de statut dans le temps et l’espace. Les propriétés objectives du matériau offrent pourtant au praticien, quelque qu’il soit et d’où qu’il vienne, un ensemble de possibilités d’utilisations autant qu’elles lui imposent des contraintes. La minéralogie du granite le rend apte, par exemple, à une grande variété d'applications architecturales extérieures. Sa masse volumique importante en limite, en revanche, l’emploi en accroissant considérablement son coût de transport et de manutention.

Les œuvres réalisées dans cette roche singulière sont donc le produit de ce déterminisme technique mais elles relèvent également de facteurs liés à la culture pratique et visuelle des acteurs. Le premier objectif de cette session est de distinguer les uns et les autres et, pour ce faire, d’adopter une démarche comparatiste, notamment entre des aires géographiques qu’on a longtemps pensées isolées. Ces considérations expliquent le périmètre élargi du questionnement porté ici, conçu comme un préambule nécessaire pour aborder un second objectif de ce travail qui est, par le prisme de ce matériau singulier, d’appréhender les transferts techniques et culturels de manière synchronique et diachronique afin de mesurer l’épanouissement d’esthétiques partagées comme de savoir-faire métissés.

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