Braeckman-Véronèse
Crédits : ©PBAlille - Photo Jean-Marie Dautel
Né à Eeklo en 1958, Dirk Braeckman vit et travaille à Gand. En 2017, il se plonge dans l’histoire de la ville de Venise et de ses monuments, dans la perspective d’exposer au pavillon belge de la Biennale en tant que représentant de son pays. Les photographies de Dirk Braeckman présentées cet automne en Galerie italienne du musée sont
inspirées d’un tableau de Paolo Véronèse (1528-1588), Esquisse pour le Paradis, conservé au Palais des
Beaux-Arts de Lille. Cette grande peinture préparatoire fut peinte à la fin du XVIe siècle pour le Palais des Doges de Venise. Après l’incendie du Palais en 1577, un concours fut organisé pour reconstituer le gigantesque décor de la salle du Grand Conseil. Plusieurs grands peintres soumettent leurs croquis. Véronèse l’emporte, mais en raison de sa mort prématurée, la mission reviendra à son contemporain Le Tintoret (1518-1594). C’est le caractère brut, sommaire et non achevé de l’oeuvre peinte de Véronèse qui a attiré l’attention du photographe. Il se met alors à photographier l’oeuvre en entier et en détails, en incluant le cadre. Travaillant la matière en monochromie, à la manière d’un plasticien, l’artiste la plonge ensuite dans une palette infinie de nuances de gris. En résulte un grand triptyque constitué de trois tirages différents de la même image, que l’artiste a soumis à trois processus différents de traitement dans son laboratoire, tel un alchimiste. Chaque oeuvre existe pour elle-même, mais les trois se révèlent pleinement ensemble. Dirk Braeckman travaille essentiellement en argentique, à l’ancienne, et possède une maîtrise totale du process opérationnel quant au choix des solutions chimiques utilisées et des papiers. Il nous livre un travail de « sculpteur » qui joue et se joue de la lumière de façon nanométrique sur une surface plane. Dans une autre série également présentée dans cet accrochage, le travail de Dirk Braeckman se fait plus minutieux, la démarche devient quasi-cinématographique. En zoomant sur des détails de la composition, il glisse à la surface de la toile, au plus près du geste du peintre. Dans ces plus petits formats, l’artiste oscille entre révélation et dissimulation dans un jeu de nuances qui fait ressentir la matière plus que le sujet. Un point commun avec Véronèse, qui perd le regard du spectateur dans le tourbillon de sa touche rapide.
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