Colloque "Nourrir les Franciliens, de la grande culture à la transition agroécologique (18-21e siècle)"
Les 8 et 9 décembre à l'abbaye de Royaumont
Crédits : Fondation Royaumont
Sacré Vivaldi ! Certes, celui que le tout Venise surnommait « il prete rosso », « le prêtre roux », était un homme d’église. Mais ses pas le menaient moins souvent dans les chapelles que dans des temples de la musique tels que le Teatro Sant’ Angelo, une salle de concert donnant sur le Grand Canal. Vivaldi en a vite été le premier violon puis, à partir de 1713, « l’impresario », c’est-à-dire tout à la fois l’administrateur et le directeur artistique, engageant musiciens et chanteurs, montant ses propres opéras et commandant d’autres œuvres à ses confrères.
Le musicologue Olivier Fourès, grand spécialiste de Vivaldi, la mezzo-soprano Adèle Charvet et l’ensemble Le Consort se sont associés pour élaborer un programme reflétant la grande variété des œuvres créées dans ce théâtre du temps de sa splendeur. Leur disque vient de paraître chez Alpha Classics. On y trouve de très nombreux airs totalement inédits, signés de Giovanni Alberto Ristori, Michelangelo Gasparini, Fortunato Chelleri ou Giovanni Porta. Vivaldi avait en effet invité ses proches et de jeunes compositeurs à le rejoindre dans la fantastique aventure de la naissance de l’opéra. Ce sont les plus jeunes qui ont ensuite diffusé l’esprit des spectacles vénitiens dans toute l’Europe, Chelleri développant sa carrière en Allemagne et en Suède, Ristori faisant donner en 1731 le premier opéra jamais joué en Russie.
La nouvelle génération baroque rend hommage à ces pionniers avec son brio habituel, toujours très applaudi au Festival de Royaumont. Le remarquable sens des contrastes des musiciens du Consort et leur intelligence innée de la ligne mélodique épousent cette fois le timbre chaud et mordoré d’Adèle Charvet, lauréate du Concours international de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger. Le Teatro Sant’ Angelo a été démoli au début du XIXe siècle, un hôtel de luxe l’a remplacé. Mais ses adorables fantômes entourent et inspirent ce soir les musiciens sur la scène de l’élégant réfectoire des moines.
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