Carnatic memories
B.C. Manjunath + 2e2m + Onze Heures Onze
Crédits : Danielle Brévault
C’est à travers l’intimité du clan familiale Fouan que je veux célébrer la terre et faire entendre la voix des paysans en pleine crise agricole.
Nous sommes en plein boom industriel, c’est l’émergence du libre-échange. Le blé américain inonde le marché français et entraine la chute du prix du blé. Les premiers à en souffrir sont bien sûr les agriculteurs mis sous la pression de la rentabilité. Arrivent alors les grandes questions sur la nécessité de la mécanisation, sur l’utilisation des engrais chimiques, du remembrement afin d’être plus compétitif.
C’est au milieu de cette période charnière que le père Fouan, devenu trop vieux pour continuer à cultiver ses terres, se résigne à en faire don à ses trois enfants.
En lisant la terre, j’ai revu la modeste ferme de mes grands-parents, le patriarche entouré du clan, la famille, unie et désunie le temps d’un repas. J’ai senti toute la générosité et l’âpreté de ce monde.
Je révèlerai la rudesse de l’environnement qui pèse sur les paysans, l’entraide et les banquets qui les lient, les guerres intestines qui les séparent et je montrerai la démission des politiques face au milieu rural quand le libre-échange cause leur perte. Comment faire face à la crise quand on hérite de surfaces morcelées ou quand on n’a pas la passion de la terre ? Demander une aide financière au père ? Essayer désespérément d'introduire des techniques agricoles nouvelles : machines et engrais chimiques ? Vendre sa part ? Le père ne comprendra plus le monde qui l’entoure.
C’est au cœur des conflits générationnels que je veux que le politique se révèle « un paysan qui emprunte est un homme fichu » constate un des personnages « si le blé continue à venir d’Amérique, dans cinquante ans y’aura plus un seul paysan en France ».
Il y a 150 ans, Zola présageait la disparition du paysan. Un paysan ruiné, contraint de vendre ses terres, son bétail, son matériel pour rembourser ses dettes, cela se passe malheureusement encore aujourd’hui. Mais s’ils arrêtaient la production, comme le suggère l’ouvrier agricole, qui nourrirait paris ? A travers cette histoire, j’essaierai de répondre à la question que pose Zola « la grande propriété ou la petite, laquelle des deux l’emportera ? » Ainsi la mémoire du passé interrogera notre présent.
B.C. Manjunath + 2e2m + Onze Heures Onze
Compagnie du Porte-Voix - Florence Goguel
Les arpenteurs de l'invisible - Florian Goetz et Jérémie Sonntag
Faîtes l'été !
Cie Amonine / Clea Petrolesi
Les Filles de Simone