24 Heures pour l’Emploi et la Formation
La 17ᵉ édition des « 24 Heures pour l’Emploi et la Formation » du Havre se tiendra le jeudi 1er o...
TWIN PEAKS - FIRE WALK WITH ME
Un film de David LYNCH
États-Unis-France / 1992 / 135 min / DCP / vostf / Fantastique
Avec Sheryl Lee (Laura Palmer), Ray Wise (Leland Palmer), Grace Zabriskie (Sarah Palmer), Kyle MacLachlan (Agent spécial Dale Cooper), David Bowie (Phillip Jeffries), Chris Isaak (Agent spécial Chet Desmond), Kiefer Sutherland (Sam Stanley), David Lynch (Gordon Cole), Dana Ashbrook (Bobby Briggs), Phoebe Augustine (Ronette Pulaski), Michael J. Anderson (l'homme venu d'ailleurs)...
Interdit - 12 ans
1988. L'agent spécial Chester Desmond et le médecin légiste Sam Stanley se rendent dans la petite ville de Dear Meadow, à quelques kilomètres de Twin Peaks, pour enquêter sur le meurtre de Teresa Banks, une jeune femme de 17 ans qui vivait isolée dans un parc pour caravanes. Alors que l'investigation sombre dans une impasse, l'agent Dale Cooper est en proie à des rêves indéchiffrables et à une funeste intuition. Twin Peaks, un an plus tard. Laura Palmer, lycéenne aimée de tous mais happée dans une spirale autodestructrice, est sur le point de découvrir la vérité sur le secret qui la ronge depuis l'âge de 12 ans.
« DE PLUS EN PLUS VITE. LONGTEMPS TU NE SENTIRAIS RIEN, PUIS TU PRENDRAIS FEU. POUR TOUJOURS. ET LES ANGES NE T'AIDERAIENT PAS. PARCE QU'ILS SONT TOUS PARTIS. »
La troisième partie de Twin Peaks – Fire Walk With Me, de loin la plus longue avec sa durée de long-métrage « standard », lève donc enfin le voile sur la double vie de Laura Palmer, femme-mystère dont la reconstitution des moindres faits et gestes, comme autant de pièces dans un puzzle criminel à jamais incomplet, constituait le fondement de la série.
Ni complètement différent ni véritablement semblable aux deux saisons qui le précèdent dans l'ordre de production, le film en est le vaste prologue tout autant qu'un approfondissement de la mythologie créé pour la chaîne ABC par David Lynch et Mark Frost. Soit une renaissance en toute liberté après l'arrêt brutal de la série – dont l'audience avait été jugée insuffisante – à l'issue d'un vingt-neuvième épisode au titre prémonitoire (Au-delà de la vie et de la mort).
Si cet affranchissement des codes et contraintes télévisuels avec lesquels Lynch avait composé se traduit par l'abandon du côté feuilletonnant et du burlesque chaleureux qui participait grandement du charme de « Twin Peaks première manière » – tout du moins dans le montage sorti en salles, nombre de scènes tournées demeurent inédites ou ont été assemblées bout à bout dans Twin Peaks: The Missing Pieces – le cinéaste trouve dans ce retour au cinéma le champ nécessaire à une radicalisation de son travail sur le son, la dilatation ou la compression du temps et la structure du récit.
Mélodrame d'une rare intensité (on y pleure beaucoup, a fortiori quand reviennent en échos les thèmes musicaux si familiers d'Angelo Badalamenti), film d'horreur parmi les plus tétanisants et oppressants des trois dernières décennies (la demeure des Palmer y est plus que jamais une maison hantée, par l'intrusion du surnaturel, par l'abomination même de ce qui s'y déroule), voyage sous haute tension aux confins de réalités altérées, cachées ou cauchemardées dont on sort émotionnellement éreinté, cet adieu au personnage de Laura propose au spectateur d'oublier une bonne partie de ses repères (fictionnels, sensoriels) pour mieux éprouver le calvaire de la jeune femme fantasmée dont il s'était plu à imaginer les frasques et les tourments. Quitte à plonger en enfer.
Rétrospectivement, cette approche tendue entre rupture et continuité, toujours prompte à prendre le contre-pied des attentes de fans rivés à leur nostalgie tout en explorant jusqu'au vertige un univers pétri de zones d'ombre, annonce les sidérantes audaces d'une troisième saison qui ne devait voir le jour que 25 ans plus tard et confère au film le statut de bouleversant « épisode de transition » au sein d'un ensemble unique dans ses visions comme dans ses ambitions formelles.
Film projeté du 12 AU 25 SEPTEMBRE 2018 au Cinéma LE STUDIO (3 rue du général Sarrail – Le Havre)
Autres séances : Mercredi 12 septembre/20h30, Jeudi 13 septembre/20h30, Samedi 15 septembre/16h15, Dimanche 16 septembre/18h30, Mercredi 19 septembre/18h15, Vendredi 21 septembre/18h15, Samedi 22 septembre/20h30, Dimanche 23 septembre/14h30 et Mardi 25 septembre/18h15.
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