Visite du musée de l’Homme et de l’Industrie de nuit
Nuit européenne des musées
Crédits : Tarik Noui
Résidences de création : DU 13 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2025 : LUNDI 13 OCT > VENDREDI 17 OCT : Résidence au Lycée Blum, Le Creusot / LUNDI 20 > VENDREDI 24 OCT : IUT Le Creusot Bloc Central / SAMEDI 25 OCT > DIMANCHE 2 NOV : L’ARC Scène nationale le Creusot/ petit plateau
CREATION du 3 au 7 novembre 2025, à L’ARC – scène nationale Le Creusot, hors les murs "L’arc en vadrouille" (9 représentations) : LE LUNDI 3 NOVEMBRE 2025 : 2 représentations à 15H & 20H à la BIBLIOTHÈQUE UNIVERSITAIRE (4 rue de l'université – Le Creusot) / LE MARDI 4 NOVEMBRE 2025 : 2 représentations à 10H & 14H30 au LYCÉE LÉON BLUM (62 rue Lavoisier - Le Creusot) / LE MERCREDI 5 NOVEMBRE 2025 : 1 représentation à 20H au GYMNASE JEAN ZAY (4, route de Macon – Blanzy) / LE JEUDI 6 NOVEMBRE 2025 : 2 représentations à 10H & 14H30 au GYMNASE JEAN ZAY (4, route de Macon – Blanzy) / LE VENDREDI 7 NOVEMBRE 2025 : 2 représentations à 10H & 14H30 au GYMNASE JEAN ZAY (4, route de Macon – Blanzy)
DISTRIBUTION : Texte : Marcos Caramés-Blanco (lauréat de la Commission nationale d'Aide à la création de textes dramatiques – Artcena) / Mise en scène : Karelle Prugnaud / Avec : Marik Renner, Otomo De Manuel, Eliott Pineau-Orcier / Costumes et masques : Tarik Noui
NOTE D’INTENTION DE L’AUTEUR / Marcos Caramés-Blanco
Ça commence par une image, presque une photographie : le lendemain de ses 17 ans, Sidy se réveille et ne peut plus ouvrir la bouche. Elle est littéralement cousue, par un fil. Cet évènement fantastique inexpliqué se fait l’incipit d’une traversée de six mois dans sa vie d’adolescent·e. Six mois passés sans ouvrir la bouche.
Bouche cousue est avant tout un texte sur ce que le silence peut faire à un individu, à un corps. On comprend au fil du texte que Sidy est probablement en train de vivre un traumatisme, on peut imaginer des choses, des violences subies, mais la pièce ne fait pas de lien entre ce silence et une thématique, un fait, un évènement. C’est le silence en lui-même – dans ce qu’il a d’actif, de concret, d’organique – qui se fait l’objet de la pièce. Il n’est pas l’expression d’une passivité de celui ou celle qui se tait. Au contraire, le silence agite, secoue, violente et détruit. Notamment à un âge comme celui de l’adolescence, où les violences du monde et de ses constructions sociales nous tombent dessus d’un bloc, provoquant parfois un état de choc, de sidération, par-delà l’idée de crise d’adolescence.
Avec ce texte, j’essaie de développer une écriture très physique. Le personnage n’est pas vu avec distance, nous en sommes au plus proche. Une voix narrative et poétique prend en charge un récit formé des sensations de Sidy et de la description de sa transformation physique, liée à la fois à son entrée dans l’âge adulte, la puberté, comme à la situation de cette bouche, toujours, qui ne s’ouvre plus même pour manger. La question des troubles du comportement alimentaire qui peuvent toucher les adolescent·e·s est aussi très présente dans le texte. J’avais envie de raconter les effets de la violence plus que la violence elle-même. Ce n’est pas juste un moment précis, l’acte de violence qui détruit, c’est le prolongement de ce même acte dans ses effets, dans l’après. Il y a une forme de démultiplication et de retardement – ce qui est le propre du trauma.
C’est enfin un texte sur la force de l’amitié, avec le personnage d’Adjo, meilleure amie de Sidy, qui cherche sans relâche à comprendre ce qui se passe. Elle ne sait pas comment faire, comment se positionner, comment libérer la parole de Sidy. Comment aider quelqu’un en proie au trauma ? Comment aider la personne qui ne veut pas parler ? Que faire pour l’ami·e qui n’a plus le goût de vivre ? Adjo va sûrement un peu trop loin, un peu trop vite, cherchant à trop bien faire. Avant de réaliser que parfois, aider, ce n’est pas forcément faire mais c’est d’abord regarder, voir. Pour accompagner celui ou celle dont la violence qui lui tombe dessus ne s’explique pas. Ou alors pas tout de suite. Ou alors pas avec des mots. Parce qu’il n'y a plus de mot pour l’instant.
Et avec un peu de temps, parfois surgit une lueur d’espoir, et les mots finissent par revenir. Comme dans Bouche cousue, où Sidy finit par faire entendre sa voix à Adjo. Bouche cousue est mon texte le plus court, et pour autant c’est un texte qui m’est très cher et personnel. Probablement parce qu’il trouve des échos avec ma propre adolescence. Lors du laboratoire qu’elle a mené à L’Arc, j’ai été très touché de la façon dont Karelle Prugnaud s’en est emparé, avec aussi beaucoup de singularité et d’émotion. Le choix de travailler avec un circassien, Erwan Tarlet, et de pouvoir creuser en profondeur les possibilités autour de ce corps d’adolescent·e malmené, suspendu, retourné, perché sur pointes, tenu par la bouche, a permis de créer des images très puissantes faisant complètement résonner le texte. Elle lui a permis de devenir une vraie matière performative. Karelle a pris ce texte comme une partition pleine d’ellipses à investir, de descriptions à faire exister, avec tout un univers scénique à créer, sonore et visuel, empruntant au réalisme tout autant qu’à l’horreur, au fantastique ou au teen movie.
NOTE D’INTENTION DE MISE EN SCÈNE / Karelle Prugnaud
Au commencement de cette belle aventure, Cécile Bertin, directrice de la scène nationale du Creusot, m'a proposé de faire un laboratoire d'expérimentation autour de l'écriture de Marcos Caramès-Blanco. Cela m'a beaucoup touchée car j'aime rencontrer de nouvelles écritures…
Ce qui fait la singularité de ce texte c’est que le personnage principal Sidy ne parle pas, sa bouche étant cousue, toutes ses pensées sont livrées au spectateur par une figure énigmatique qui est à la fois l'âme ouverte de Sidy mais également un narrateur/coryphée qui détient toutes les clefs de l'histoire. Et dont le rôle est de redire les mots au spectateur encore et encore, les mots qui ne peuvent sortir de la bouche de Sidy. Plus qu’un témoignage, il y a quelque chose de l’ordre d’un mantra à la violence de la jeunesse qui se manifeste par un va et vient constant entre le dedans et le dehors. À la fois celui entre la scène et les spectateurs brisant le quatrième mur, mais également celui de la sphère intime de Sidy et la sphère sociale de ceux qui l'entourent. Bouche cousue est le monologue intérieur d'un personnage qui ne parle pas. Isolé du monde parce qu’en réaction au monde.
Malgré ce postulat de départ entre onirisme et horreur de la situation, cette apnée littéraire et poétique est fragmentée par de l'hypra réalisme qui l’ancre dans notre réel. À tel point que la situation, toute extraordinaire qu’elle puisse être, reste teintée d’un quotidien qui nous ferait presque oublier que ce n’est pas possible de vivre avec la bouche cousue. En convoquant le quotidien des sms, des appels téléphoniques, les paroles de sa meilleure amie inquiètent car elle n'arrive pas à le joindre et tout le monde social autour de lui.
Sidy est isolé par son impossibilité de parler et par son corps dont la représentation est en pleine métamorphose. Il traverse la question du mal-être et l’impossible soutien à un adolescent en détresse suite à un traumatisme vécu lors de la soirée de ses dix-sept ans. L'impossibilité de parler, de s'exprimer après un choc et la violence des conséquences multiples que cela développe sur l'adolescent. C’est d’autant plus difficile ce silence imposé, cette mise au ban, que l’adolescence est la seule période de la vie pendant laquelle les amis sont pleinement au centre, transcendant toutes les autres relations de par leur importance imminente qui l’emporte sur tous les autres aspects de la vie et nous engage sur une base journalière. Alors, il faut imaginer Sidy disparaître pendant 6 mois. Sans communiquer. Bouche Cousue est un texte sur ce que le silence – ou plutôt la silenciation – peut faire à un individu, à un corps.
Sur le plateau j’ai choisi de poser deux voix qui vont raconter mais aussi se battre pour pouvoir raconter cette histoire dont ils prendront en charge les mots. Deux personnages qui n’en font qu’un au final et qui seront incarnés par Otomo de Manuel et Marik Renner, accompagnés d'un circassien au parcours déjà prometteur, un acrobate danseur et cascadeur : Eliott Pineau-Orcier.
Dans mon travail, j’ai toujours fait se rencontrer, se confronter, des mondes qui ne sont pas voués à se croiser. Des univers qui ne se connaissent pas et mon idée est toujours de créer un autre monde qui sera le fruit de cette confrontation. Comme celle du cirque et du théâtre, de la performance. Dans ce texte j’ai trouvé l’occasion de faire parler un corps qui ne parle pas en utilisant d’une manière centrale, la présence unique d’un acrobate.
Le travail pour ce spectacle tournera autour de la recherche des codes que génèrent la langue et pousser plus loin le réel comme la chambre de Sidy par exemple, les restes de la fête de son anniversaire, l'unité de lieu de vie des deux autres protagonistes, l'apparition des SMS, les sonneries du téléphone etc… Afin de renforcer l'espace poétique. Nous allons travailler sur ces confrontations de mondes qui déploieront l'espace intime et mental du personnage principal. Les accessires seront au service du lien entre ce conte noir et le réel qu’il transporte. Ces outils du quotidien qui désormais s'infiltrent et volent l'intimité des individus, offerte à tous...
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