Exposition Tranches de Mer

La Tranche-Sur-Mer (Vendée) • 16 - 23 septembre 2016
Exposition Tranches de Mer

Du Nord, des Deux-Sèvres ou des Pyrénées, c’est toute une famille française qui a foulé années après années le sable chaud de la Côte des Fleurs. 70 ans, 4 générations, et à l’origine un simple cabanon préfabriqué d’après-guerre posé à même la dune sous le phare. 4 frères et soeurs, devenus plasticiens, architecte ou graphiste, et avec le concours des archives familiales, interprètent ces «tranches de vies estivales» dans une installation à 8 mains mêlant art, histoire, actualité et sentiment. Un regard poétique et dense sur le passé, le présent et ’avenir.

Caroline Delannoy est plasticienne, scénographe et costumière dans le pays Toulousain. Résidente régulière en période principalement estivale à La Tranche sur Mer en Vendée, face à l’île de Ré, c’est à l’occasion d’une visite du lieu d’exposition de l’Office de Tourisme qu’elle contacte le responsable afin de connaître les modalités pour intégrer la programmation du lieu. A la suite de cette rencontre, elle y présente son travail qui est retenu pour une exposition durant l’année 2016.

Une exposition à La Tranche sur Mer, après quasiment plus de 50 étés passés dans le cabanon familial, c’est une occasion rare et chère. Elle fait part à ses frères et soeur de cette opportunité et leur propose de participer à ce qui pourrait alors devenir une exposition collective. Architecte, graphiste-décorateur et céramiste sont principalement les métiers de sa fratrie. Il y a potentiellement de quoi alimenter un ensemble singulier dont le sujet commun pourrait être : La Tranche, une vie estivale, une vie de famille en vacances, une histoire de congés «français»…

L’accord est conclu, le dossier artistique complété est re-présenté aux responsables qui l’acceptent. Peinture, sculpture, photographie, architecture, dessin, installation se réuniront donc pour interpréter cette histoire dans l’Histoire.

«Le Grand Large sinon rien»

Avant tout, une histoire simple, celle vécue dans un cabanon préfabriqué d’après-guerre «posé» à même le sable derrière les dunes au lieu-dit «La Casse du Groin». Au milieu des vignes en bord de chemin, le grand-père Arsène, habitant de Fenioux dans les Deux-Sèvres, petit négociant en vins, matériels et semences potagères, achète en 1955 un terrain d’agrément pour y passer fins de semaines et congés.

Pas de grands voyages lointains et de destinations mythiques pour lui et sa famille, le Grand Large de la Pointe du Groin du Cou, son phare, sa côte sauvage, sa forêt, sa plage, son air iodé, son estran nourricier, son soleil, les amis du pays, suffisent amplement pour se détendre à moins de 100 km du village. La fidèle Simca Aronde emportera tout ce petit monde à travers bocages et marais jusqu’à la côte via Fontenay-Le-Comte, Luçon, L’Aiguillon sur Mer.

L’année suivante, de visite, comme il se doit en campagne, à la Foire annuelle de Niort il choisit chez l’Entreprise Robert Dupont de Breloux la-Crèche, exposant matériaux et constructions préfabriquées - garages, maisonnettes et clapiers -, un petit cabanon «en dur, tout compris». Trois pièces, intérieur bois, extérieur béton crépi. Poteaux, dalles murales, plancher, toiture, menuiseries, tout y est, plus qu’à peindre. En mai 1956, l’objet est livré et monté en une journée par les trois «gars» de l’entreprise. Arsène choisira, lumière et gaité soit peintures blanche et rouge vif pour les huisseries. La Villa Cri-Cri est née. La vie y sera simple, le puits pour l’eau, la lampe à pétrole pour la lumière, la cave pour les vins, la «fosse» pour les besoins. Pour le reste, jardinier hors-pair, les cageots de légumes «du pays» s’entasseront dans le coffre de l’Aronde et Judith, sa femme, cuisinière de talent, produira charcuteries, tartes aux prunes, gâteaux et n’oubliera pas «la crème du lait» pour les tartines. Le matin on démarre au café, fromage de chèvre et beurre demi-sel sur baguette que le boulanger klaxonnant livre en Renault 4 au portail (rouge et blanc donc).

Un air de Jacques Tati dans tout ça.

L’aventure a commencé, elle dure encore, 60 ans de vie familiale partagée en été, avec ses hauts et ses bas, ses grands rassemblements, ses «arrangements», ses extensions, ses nouveaux, ses disparitions, ses tempêtes, ses amours.

Depuis 1956, la «Casse» a bien changé, les arbres ont poussé, d’autres petites constructions, d’autres cabanons, des caravanes, des tentes dans la forêt, on creuse des puits, on plante des buis, l’arrivée de l’eau courante, de l’électricité, le remembrement, le désormais «Quartier du Phare» s’urbanise, c’est le Progrès, le Tourisme Triomphant, l’éclairage urbain (qui éclaire le ciel…), le goudron, le tout-à-l’égout, l’immobilier néo-vendéen, le PVC blanc immaculé, la cosmétique urbaine paysagère, le Super U, le surf, les complications «de ville», les «rocades» (pour les Parisiens), la modernité galopante… Mais le site est protégé, les dunes surveillées, le territoire limité, la forêt l’entoure. L’extension s’arrête, la crise fera le reste, pas de «marina» pas de «boulevard».

Ouf. La plage est sauve, ses «corps» surveillés (et gardés), son intégrité conservée, sa magie océanique intacte. Et c’est bien là l’objet du désir.

Et il faut y croire sinon quoi d’autre ? Quelle autre aventure est comme celle-là, à portée de main et de mémoire. Cette «Tranche» proposée tente la synthèse des vacances sans les chichis des romans de plage. C’est une porte ouverte, un enchevêtrement de souvenirs en zone océanique tempérée. Croire à aujourd’hui et hier pour demain.

Chacun fera son affaire de cette histoire et ça ne sera qu’une juxtaposition de «bouts» car un «tout» ne peut être raconté en une seule fois. Il faudrait un livre. Peut-être.

Ainsi, Philippe, l’ainé, architecte à Paris, suisse par primaire et adepte des lignes claires, formé au Rotring, au Critérium et au Macintosh 128K, induit de Meier, Siza et Nikon, traitera de son sujet par touches précises, historiques, techniques et finement graphiques, un genre de rendu de concours spécial qui mettra en relief ce territoire, ses habitants et certains de ses acteurs, au sens propre (3D) comme au sens figuré (2D).

Caroline, la cadette, à l’origine du projet, pourvue de gestes héroïques «Pollockiens», «d’Arte Povera» fondateur et d’expressionnisme flamboyant coupé au calame calligraphe, déploiera ses sculptures et installations géantes, légères et faussement fragiles en papier transparent, osier, algues et végétaux embrassant tels des vaisseaux air, terre, mer et cerf-volants de notre enfance où, sur la plage, des goélands facétieux récupèrent les «bouts», cordes et filets perdus pour en faire à l’abri des tableaux tressés dans une manière de dentelle dont les vides mettent en relief les points bien noués des fils (ou des liens) et des mâts de cocagne mystérieux, denses, colorés et joyeux comme mythes, repères ou repaires et bornes ou bouées d’orientation.

Jean-Christophe alias «Topher», le benjamin, graphiste-décorateur pour simplifier, c’est l’archiviste recycleur, le spécialiste des configurations quantiques et autres indéterminations «shrödingeriennes», fabricant de meubles d’observation tous terrains, dessinateur noir sur blanc cash, explorateur de botanique urbaine d’intérieur partout, il construira du réel lourd et de l’imaginaire estival, il causera du Cabanon, de la famille, de la société et de l’oubli, du gâchis et du pétrole, des traces et des preuves, des mots et des choses, de l’oeuvre et de sa maîtrise. Sa devise favorite : «Plaisir d’offrir, Joie de recevoir», son livre de chevet : Le Vrai Cabanon en collection «Que sais-je ?».

Enfin, Florence, la «petite dernière», plasticienne céramiste de pays chaud et argileux, méticuleuse et spatiale, telle sa grande soeur, elle se joue de la gravité, ré-invente la Nature, la cuit, la recuit et l’émaille de petites histoires légères et mobiles. Fragilité extrême, blancheur éclatante, ombres fortuites, chimie moléculaire terrienne pour suspensions aériennes et vision «d’en haut», autant de contenants aquatiques, silicates, calcaires ou granités dessinant bassins, champs, camps, villages et autres chemins, canaux, îles et continents.

DJC+Khombôl

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