Atelier réparation, entretien et marquage vélos, Place de l'église de la Mézière, de 10 à 13 h
Marquage vélos nécessite votre Carte Identité ainsi que la facture ou un titre de propriété du vélo
de Robert Antelme, mise en scène de Patrice Le Cadre, adaptation et interprétation : Anne Coutureau
L’appartenance de tous les humains à une seule et même espèce est à nouveau remise en cause.
Les mouvements de populations, le rationnement des énergies, les sacrifices pour tous font ressurgir le réflexe du repli sur soi qui nourrit nationalismes, racisme et survivalisme. Guerres économiques et militaires dressent des murs, établissent des quotas et organisent des tris humains. De la préférence à la hiérarchie, il n’y a qu’un pas.
Avec L’Espèce humaine, témoignage vécu dans un camp de travailleurs forcés de Buchenwald, Robert Antelme met en lumière ce paradoxe qui finit par avoir raison de l’entreprise des nazis : " C'est parce que nous sommes des hommes comme eux que les SS seront en définitive impuissants devant nous. C'est parce qu'ils auront tenté de mettre en cause l'unité de l’espèce qu'ils seront finalement écrasés. "
L’écriture de Robert Antelme est la parole d’un homme qui perd ses moyens les plus élémentaires et veut rester lucide, voir et montrer. Ne pas submerger ses lecteurs par la fascination, l’émotion, la plainte. Il y a, dans son style, une volonté de ne pas dissoudre la conscience dans le spectaculaire. Volonté qu’Anne Coutureau a trouvé essentiel de suivre.
Une femme sort de la nuit des temps dans un espace indéfini.
Long manteau noir, voyageuse sans bagage autre que des mots, elle visite une expérience vécue aux frontières de l’humain, comme elle ressasserait un récit familial, en boucle, indéfiniment.
Elle s’y livre, comme pour prier sur les lieux mémoriaux.
Son être entier est saisi. Par une alchimie de la chair et de la littérature, son corps passe une épreuve. Le froid, la faim, la souffrance, l’humiliation, l’anéantissement, elle ne les ressent évidemment pas. Son épreuve est celle de la transmission. Mais il y a autre chose, de plus intime. Elle vient s’offrir. Elle voudrait peut-être, dans un mouvement impossible et malgré le coût, absorber l’horreur et transformer la souffrance. Offrir son propre visage à celui du déporté, lui redonner une voix. Un souffle. La vie.
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