Présentation du recueil "La Chapelle autrefois racontés par ses habitants"
Présentation du recueil "La Chapelle autrefois "
Crédits : © Yann Monel
Tout jardinier connaît la fragilité de son jardin. Celui-ci aurait pu disparaître. Situé sur une petite commune de la côte d’Albâtre, son propriétaire précédent l’avait amoureusement dessiné, planté et agrandi. Mais voilà qu’un artiste, un sculpteur venu de la région parisienne, Robert Arnoux, le découvre en 2014. Il n’est pas jardinier, mais lui et son épouse, Corinne Brenne, tombent sous le charme de cet espace merveilleusement aménagé autour d’une longère cauchoise.
Le sculpteur le comprend cependant comme une résonance à son travail d’artiste, l’aboutissement de ce qu’il veut dire avec le paysage : il devient jardinier-sculpteur.
Ce parc paysagé de 2 hectares devient donc son écrin : la grande page de son dessin personnel, son dessein aussi. A terme, quatre-vingts sculptures y trouveront place, en plusieurs étapes d’aménagements, suivant un scénario précis qui racontera une cosmogonie symbolique, à l’instar des jardins de l’Antiquité et de la Renaissance.
À ce jour, plus d’une quarantaine de statues sont déjà disposées. Elles semblent sortir de terre, ancrées dans un socle enterré et invisible. Tous ces personnages, à taille humaine, ont investi l’espace et accompagnent le promeneur sur un parcours qui l’entraîne de jardins en jardins.
Le tout premier, le jardin du feu a été conçu en collaboration avec le paysagiste Guillaume Gosse de Gorre : trois grands cercles de fer enfouis dans le sol retiennent des éclats d’ardoises et des pierres de pouzzolane. Les deux premiers symbolisent l’origine de la vie, le Bing Bang et la création de la Terre. Dans le troisième cercle, la communauté humaine a fait la conquête du feu. Tous les âges sont représentés, de l’enfant au vieillard, «témoins d’une civilisation d’après, ensemble et apaisée».
Passé le rideau de peupliers, l’espace s’ouvre sur les étapes de la vie dans une série de scénettes mises en scène dans le deuxième jardin : le Jardin de l’Eau.
Une grande photo de Yann Monel de « Renaissance » surgit de la rive, comme en miroir à celle de la terrasse lui faisant face, noyée dans une explosion de graminées. Sur l’île du bassin, adossée à un pin noir, une femme lit, peut être un conte, à un jeune enfant. Plus loin, Un couple s’enlace dans un baiser, l’homme qui s’élance vers le ciel, une femme enceinte s’isole dans les azalées, un groupe d’enfants écoute le récit d’une femme assise sur la pelouse
Le promeneur arrive enfin auprès du troisième jardin : le Jardin du Ciel et de la Terre, que Robert Arnoux est en train de créer. Cet espace ne reprend pas les plantations antérieures. Là, le végétal devient un matériau choisi pour la construction de l’œuvre.
Jardin hors normes, à lui seul, œuvre d’art, mais aussi projet d’une vie qui permet au sculpteur d’exprimer ce qu’il ressent en tant qu’artiste et en tant qu’homme. Un jardin pour méditer, qu’il entretient pour qu’il reste lisible dans son message mais où la nature doit garder sa part de liberté.
Présentation du recueil "La Chapelle autrefois "
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