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Avocat au barreau de Paris et mandataire d’artistes et d’auteurs, spécialisé en droit de la culture et en droit pénal, professeur associé à l’Université de Rouen, il est docteur en histoire du cinéma et sa thèse portait sur «Marxisme et homosexualité dans l’oeuvre de Luchino Visconti ». Il a collaboré aux Temps modernes et à Positif, a consacré plusieurs ouvrages aux rapports entre cinéma et sciences sociales (Le Cinéma selon Simone de Beauvoir, 2002 ; Terre sans amour, 2009) et prépare actuellement, pour les Presses universitaires de Rouen et du Havre un livre sur le Droit des artistes et de la culture.
Le cinéma est resté muet pendant une trentaine d’années, c’est-à-dire pendant le premier quart de son existence. Et il n’est devenu sonore que très progressivement : en 1927 aux États-Unis, en 1929 en France et en Grande-Bretagne, en 1930 en Italie et en 1934 seulement en Chine, au Japon et en URSS. Ce sont des mobiles économiques qui ont décidé de l’avènement du cinéma parlant : le public s’éloignait progressivement des salles dans les années 20, et l’industrie a compris qu’un nouveau procédé l’y ferait revenir.
Certains grands cinéastes furent très réfractaires à l’apparition du son : le plus grand de tous, Charles Chaplin, ne réalisa son premier film sonore, mais non parlant, qu’en 1935 (Les Temps modernes) ; puis son premier film parlant, mais dans une langue imaginaire, en 1940 (Le Dictateur), et son premier film parlant ordinaire en 1948 (Monsieur Verdoux).
Il n’est pas sûr que les peuples aient gagné à l’avènement de la parole au cinéma : le pouvoir des images est universel, alors que celui des mots est réservé aux familiers d’une langue. Certaines dictatures l’ont d’ailleurs bien compris, en faisant sous-titrer les films étrangers pour en éviter l’accès à des populations analphabètes.
Pour autant, le cinéma muet n’était pas dénué de mots : les dialogues, et certains développements du récit, étaient repris par des intertitres. L’apparition de la parole, et donc des mots entendus, a-t-elle été une avancée par rapport à ceux que le spectateur pouvait mentalement imaginer ?
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