Forum entreprises 2026
Participez à la rencontre entre étudiant·es et entreprises !
Crédits : MOVING EARTHS ©brunosimao
#1 INSIDE + #2 MOVING EARTHS + #3 VIRAL
Trois spectacles en collaboration avec le philosophe Bruno Latour.
Une réflexion sur la nécessité d’un profond renouvellement de nos représentations du monde terrestre, biotique et abiotique
Une conférence-performance de Frédérique Aït-Touati et Bruno Latour
Texte : Bruno Latour
Mise en scène : Frédérique Aït-Touati
Dispositif scénique : Frédérique Aït-Touati et Patrick Laffont de Lojo
Vidéo et Lumières : Patrick Laffont De Lojo
Avec : Duncan Evennou
Lorsqu’en 1609, Galilée dirige sa lunette vers le ciel, il découvre des montagnes sur la surface de la Lune, faisant d’elle une autre Terre, et de la Terre un astre parmi les autres. Il bouleverse ainsi l’ordre cosmique, mais aussi politique et social de son temps. Quatre siècles plus tard, le rôle et la position de notre planète sont encore une fois bouleversés par les nouvelles sciences qui révèlent comment les actions des humains la font réagir de manière inattendue. Galilée nous avait appris que la Terre est en mouvement. Les chercheurs James Lovelock et Lynn Margulis découvrent une Terre « en mouvement », dans un autre sens : ils décrivent une planète où l'espace et le temps sont les produits des actions des vivants. Ils nous forcent à changer notre vision du monde et notre compréhension du cosmos. Et, à nouveau, toute l’organisation de la société semble remise en cause.
Alors que, en 1610, il faut absorber le choc que « la terre se meut », en 2019, il faut accepter le choc, autrement plus surprenant, que « la terre s’émeut », qu’elle tremble et réagit aux actions humaines au point de perturber tous nos projets de développement.
De la Terre à la Lune, et retour : nous invitons les spectateurs à tester l’hypothèse d’un parallèle entre l’époque de la révolution astronomique et la nôtre. Sommes-nous en train de vivre une transformation du monde aussi profonde et radicale que celle de l’époque de Galilée ? Une chose est sûre : nous ne savons plus exactement sur quelle planète nous vivons, ni comment la décrire. Ce n’est pas une seule Terre, fixe et stable, mais une multitude de planètes qui se présentent devant nous, et que nous devons explorer pour savoir sur laquelle atterrir.
Contrairement à la Terre de Galilée, celle de Lovelock et Margulis est animée, produite, constituée par les vivants. D’où l’importance de comprendre leurs actions, réactions, interactions, mouvements. Le spectacle joue avec les échelles apparemment incommensurables mises en jeu : l’infiniment lointain de l’exploration astronomique, l’infiniment petit de la biologie contemporaine. Ce sont ces sciences qui nous forcent à repenser profondément notre place dans le monde. Ce sont elles qui nous livrent des images inédites de notre planète, la transformant en Terra Incognita. Le spectacle est une enquête à travers ces nouvelles images.
Nous partons de la rencontre entre James Lovelock et Lynn Margulis, qui, ensemble, inventent la théorie Gaia ; c’est un espace symbiotique où les notions de temps et d’espace sont redéfinies, où l’infiniment petit des micro-organismes côtoie l’infiniment lointain des galaxies, où la temporalité géologique et l’histoire humaine se mêlent. Au plateau, ces strates temporelles se superposent, pour raconter l’émergence d’une nouvelle conception de la Terre.
Entre philosophie et théâtre, cette production revendique le mélange des genres : nous pensons qu’il est bien adapté à la période actuelle, dans lequel les changements dans les idées sur le monde s’accompagnent d’un changement dans les représentations de ce monde. C’est cette esthétique des sciences sur la scène que nous poursuivons ensemble depuis plus de dix ans.
Un bureau, une craie, un plateau nu.
MOVING EARTHS met en scène le spectacle de la pensée en train de
se faire. Le public observe un philosophe qui pense avec ses mains, au plateau, comme un artisan au travail. Sur son bureau, des livres, des documents, un Ipad, des photographies, un carnet, des machines, des instruments optiques, une craie - objets dont il s’empare et par lesquels il construit sa réflexion. Le bureau (filmé du dessus comme une table de dissection, et agrandi par la vidéo live jusqu’à occuper tout le plateau) devient un espace scénique et dramaturgique à part entière, et c’est sur cet espace que se déroulent des événements : le surgissement d’un document, d’un personnage, une objection, une découverte... Au cours du spectacle, la pensée se déploie alors comme un récit, une enquête, nous embarquant dans une série de flashback, nous faisant entrer dans l’image projetée, transformant une photographie en scène vivante.
Il s’agit de partager une pensée en construction et non de livrer une thèse. Tout notre protocole de création découle de cette conviction : la pensée est un spectacle passionnant lorsqu’on donne à voir ses processus, ses hésitations, ses coups de théâtre, ses trouvailles, ses acmés, son évolution.
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