Exposition

Évreux (Eure) • 17 et 18 septembre 2016
Exposition

Paul Bigo était bon vivant, généreux et fidèle en amitié. Avant sa mort survenue en février 2015, il a souhaité que quelques-unes des œuvres avec lesquelles il vivait rejoignent les collections du musée d’Évreux. Fin connaisseur de peinture tant ancienne que contemporaine, ami de nombreux artistes, Paul Bigo fut aussi, en tant que prêtre, président de la Commission diocésaine d’art sacré. Au fil des années, Paul Bigo était aussi devenu collectionneur… Il avait fait vœux de pauvreté, et vivait entouré d’œuvres.

Paul Bigo est né à Poix-de-Picardie (Somme) le 19 septembre 1930, au sein d’une famille modeste qui le sensibilise à l’art. Ordonné prêtre en 1957 à Évreux, il officiera dans la région, de Gisors à Conches-en-Ouche, et achèvera son apostolat en tant que prêtre participant à la paroisse Notre-Dame-de-Saint-Taurin-d’Évreux (de 2009 à sa mort).

Au sein de la maison jouxtant l’église Saint-Taurin, qui lui avait été affectée dans l’exercice de son dernier ministère, Paul Bigo avait déployé sa collection. À la fois modeste et abondante, elle lui rappelait les collaborations passées dans le cadre de création de vitraux notamment (Bernard-Marie Lauté, Pierre Lafoucrière, Serge Rezvani), son rôle dans l’animation d’un petit groupe d’artistes (Alexandre Hollan, Janos Ber) et les expositions qu’il avait organisées pour rendre accessibles des artistes contemporains. L’amitié qui le liait au musée d’Évreux était importante pour lui. Il aimait rappeler, modestement bien sûr, qu’il fut non seulement un partenaire dans la création et l’animation de son fonds contemporain dans les années 1980, mais qu’il en prolongeait aussi les actions, en faisant écho à l’extérieur.

La vingtaine d’œuvres sélectionnée parmi l’ensemble important qui nous a été proposé s’accompagne d’une abondante documentation (correspondances, croquis, photographies) garantissant la contextualisation et une meilleure connaissance de l’ensemble. Ce corpus d’oeuvres, outre l’intérêt intrinsèque de chacune d’entre elles, nous paraît venir avec justesse témoigner d’un épisode de l’histoire de notre cité qui a fait se réunir autour d’une passion commune, bien qu’avec des clefs de lecture sensiblement différentes, artistes, conservateurs et hommes d’église. Elle nous dit aussi un certain usage de l’art, qu’en tant qu’historien nous pouvons approcher tel un objet patrimonial.

Autres événements à Évreux