Collecte de sang
Ensemble, continuons à sauver des vies !!
Crédits : Joffrey le Piquet
L’hôte invite les spectateurs à partager un banquet, une grande occasion. Ils sont placés avec amabilité par de jeunes serveurs, le tout dans une lumière chaleureuse et une ambiance musicale feutrée. On sert l’apéritif, le menu est annoncé, les spectateurs attendent que “le spectacle commence” mais rien ne vient… On sert puis dessert l’entrée, le plat… Des conversations émergent, une convivialité s’installe. Dans le même temps, imperceptiblement, la lumière se refroidit. Les plats, s’ils sont goûteux, sont également froids…
Alors l’hôte se met à table. Littéralement. Pour faire émerger, dans ce decorum, une parole qui éructe l’indicible difficulté d’être au monde, au milieu des autres. Les prendre de court, comme en otages, leur faire éprouver cette mélancolie rageuse qui parcourt le monologue L’île d’Angélica Liddell.
L’île, renvoie au macabre épisode de l’attentat sur l’île norvégienne d’Utoya, au cours duquel soixante-neuf adolescents furent assassinés. Ainsi, le choeur des serveurs, figures mortes-vivantes des victimes de la tuerie, hantent ce dîner. Ils font écho à la perte de la jeunesse, au rejet de la maternité et la peur de l’abandon, thèmes qui émaillent ce discours servi avec une violence crue et poétique par la voix du personnage de Wendy, merveilleusement incarné ici par un double masculin et onirique, l’hôte qui préside ce mauvais rêve collectif.
En malmenant les codes de la convivialité, l’intrigant spectacle de Nicolas Givran nous pousse à tomber le masque et risquer un oeil sur le miroir qu’il nous tend. C’est le pouvoir vénéneux de ce texte.
Ensemble, continuons à sauver des vies !!
Ensemble, continuons à sauver des vies !!
Ensemble, continuons à sauver des vies !!
Ensemble, continuons à sauver des vies !!
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Ensemble, continuons à sauver des vies !!