Eglise de Mazeyrat-Crispinhac, appartenant au Réseau européen des sites casadéens
Mazeyrat d'Allier, née de la fusion des communes de Saint-Eble et Reilhac avec Mazeyrat Crispinhac, bénéficie du rare privilège de posséder trois églises et une chapelle, toutes encore utilisées pour le culte. Trois églises extrêmement différentes et riches d'histoire que l'EPISERM (Association d'étude du patrimoine et de l'identité de Saint-Eble, Reilhac, Mazeyrat d'Allier) s'attache à faire découvrir, à l'occasion de visites commentées gratuitement par des membres de l'association. Outre leur intérêt architectural, ces trois édifices permettent de retracer l'histoire des influences religieuses dans la région puisque Reilhac reste le témoignage de l’un des plus anciens prieurés ruraux dépendant à la fois de Cluny et des Mercœur, alors que Mazeyrat-Crispinhac jouait un rôle stratégique dans le dispositif des prieurés casadéens (de La Chaise-Dieu) et que la très ancienne église de Saint-Eble était également d'influence clunisienne, puisque le prieur de Sainte-Croix-la-Volte (Lavoûte-Chilhac) présentait à la cure. Toutes ces églises ont été, bien sûr, profondément remaniées.
Mazeyrat-Crispinhac : un prieuré casadéen au XIIe siècle.
L'église de Mazeyrat-Crispinhac a révélé certains de ses "secrets" à l'occasion d'une restauration engagée en 1998. C'est alors qu'ont été mis à jour, non seulement des éléments de peinture du XVIe siècle, mais également une fenêtre trilobée datant du XIIe ou XIIIe siècle.
La lecture de l'édifice est rendue difficile par les malheurs qu'il a connu. On sait en effet, par les textes, qu'il existait en tant que prieuré de La Chaise-Dieu en 1288. En 1377, il n'avait encore connu aucun déboire mais, comme à Reilhac, le début du XVe siècle lui sera fatal. En 1430 l'église est détruite et les offices religieux doivent être célébrés à Langeac. Mais les paroissiens la reconstruisent immédiatement en utilisant les ruines existantes comme en témoigne un pilier décalé situé à droite de l'entrée actuelle.
A la suite de cette reconstruction, a eu lieu une première mise en peinture de l’intérieur de l’édifice. Cette décoration, qui se situe dans les années 1560-1580, voire au début du XVIIe, intéresse alors la façade nord qui comprend deux chapelles, dont une donne aujourd’hui accès au clocher construit en 1880. La décoration en polychromie de cette chapelle reproduit en peinture la polychromie des matériaux que l’on affectionnait particulièrement dans les églises de l’époque. On a utilisé la peinture pour donner à l’église un cachet qu’on ne pouvait pas, faute de moyens, lui donner dans la pierre. A côté de cette chapelle, une deuxième qui date de la même période architecturale a fait l’objet d’utilisation en tant que chapelle seigneuriale. D’où le drapé qui orne son entrée et qui a été peint un siècle plus tard que la décoration polychrome de la chapelle voisine.
En face, le côté sud ne comprend qu’une seule chapelle. C'est sur cette façade sud, dans le chœur, que se trouve la fenêtre trilobée. A proximité de cette ouverture, toute une partie peinte conservera son mystère, sans doute pour quelques décennies encore. En effet, faute de moyens financiers, la restauration de ces peintures n’a pas pu être menée à bien dans l’ensemble de l’église. Sur le même mur, dans la partie restaurée, on peut également observer certains éléments de décoration réalisés au pochoir.
Visite libre ou commentée par les membres de l'EPISERM.