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L’exposition, organisée dans le cadre du thème « Partir » des Rendez-vous de l’Histoire 2016, présente des œuvres d’artistes et des projets d’architectes contemporains qui interrogent depuis les années 1950 le devenir nomade de l’Homme des XXe et XXIe siècles.
Elle regroupe des œuvres du Frac Centre-Val de Loire et offre une carte blanche au collectif PEROU, pôle de ressources urbaines, notamment remarqué pour son action dans la « Jungle » à Calais.
La mise au point d’un habitat à la fois moderne et mobile traverse le vingtième siècle. Les recherches sur la standardisation et l’industrialisation de l’architecture annoncent dès les années 1920 l’apparition de la maison transportable. Si le contexte de la seconde guerre mondiale adapte le modèle à la situation d’urgence engendrée par les conflits, c’est au cours des années 1950 que la mobilité devient une véritable préoccupation sociétale : avec le développement des systèmes de communication et de transports, les congés payés (1936), le « caravaning » ou encore la conquête spatiale, c’est toute une société qui aspire à de nouveaux modes de vie et se rêve, à l’aube du vingt-et-unième siècle, hors-sol et en mouvement.
Des projets visionnaires et anticonformistes apparaissent alors, tant pour les activités de loisirs que pour l’habitat : des structures simples, légères et déplaçables (roulantes, pliables, suspendues, gonflables) sont conçues, parfois en recourant à des matériaux comme le plastique, tandis que de nouveaux modèles urbains sont imaginés pour mieux répondre aux besoins évolutifs de leurs habitants. Toutes ces démarches pensent le déracinement physique comme une libération mentale : refuser l’ancrage permanent participerait de l’émancipation de l’individu.
Aujourd’hui, à côté de la figure du traveller sans attache ou du vacancier hédoniste, ressurgit celle du campeur post-apocalyptique, héritée de la guerre froide, et qui prend maintenant les traits pluriels du réfugié contemporain (politique, économique, climatique...). Tandis que la catastrophe se fait quotidienne, et que l’état d’urgence s’annonce plus structurel que conjoncturel, l’abri d’urgence semble bien devenir le mode d’habiter de demain : situationnel, temporaire et périssable.
Croire que la forme et son design puissent résoudre nos problématiques d’habiter le monde serait encore une fois rêver des solutions miracles. Ne faut-il pas se rendre enfin à l’évidence qu’il n’y a point d’architecture sans son monde. Alors, dans cette nouvelle mobilité planétaire, subie plus que voulue, à quoi devrait ressembler nos architectures de proximité ?
Artistes et architectes : Shigeru Ban, Chanéac, Peter Cook (Archigram), Justus Dahinden, Riccardo Dalisi, David Georges Emmerich, Yona Friedman, Pascal Häusermann, We Jones (Jones Partners : Architecture), Ugo La Pietra, PEROU - Pôle de ressources urbaines, Arthur Quarmby, Guy Rottier, Ionel Schein, Ettore Sottsass Jr, Antoine Stinco, Pierre Székely, Mario Terzic…
Exposition organisée dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire 2016 et de la Semaine de l’architecture 2016, d’un partenariat entre le CAUE41, le Frac Centre-Val de Loire et le Château royal de Blois, et avec le soutien de la DRAC Centre-Val de Loire et de la Ville de Blois.
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