Eglise St-Nicolas, Barbâtre (85)
Crédits : Jacques Santrot
Des vitraux d'une église rurale en bord de mer
"En 1869, les vitrages de notre église furent placés sous les ordres d'un nommé So(u)chet, curé de Barbâtre, et le motif, c'était que l'année précédente avait donné aux habitants de Barbâtre une abondante récolte où le curé put trouver une contribution convenable parmi ses paroissiens, car la récolte de 1868 mit tout en jeu. Jamais on n'avait vu une récolte si abondante qui nous fut donnée par l'occasion d'un orage de pluie qui tomba à flot le 5 mai et couvrit presque tous les sillons et, malgré qu'il ne se trouvait pas beaucoup de plantes dans nos terres, il se récolta tant de blé, de fèves et d'orge qu'on ne savait plus où les loger... C'est de cette année que datent les retrouvailles des Barbâtrins ; ils achetaient des chevaux, des charrettes, faisaient bâtir des maisons, payaient des boisselées de terre sept et huit cents francs, et ils se roulaient sur l'or et sur l'argent." Thibaud 1904, dans Santrot, "Barbâtre et son église dans l'histoire de Noirmoutier", 2021, p. 178-179.
En 1869, les 8 verrières de la nef sont créés par Armand Réby, de Nantes. En 1874, lors de la création du chœur à trois fenêtres, seul le vitrail axial, consacré au saint patron de l'église, saint Nicolas, est créé, sans doute par l'atelier Paris-Reby, de Nantes, les fenêtres latérales étant closes de verre clair. En 1927, enfin, les deux fenêtres latérales furent consacrées au deux patrons secondaires, saint Sébastien, qui sauva Barbâtre de la "peste" de 1722 (le miracle de Barbâtre), et saint Fabien, qui lui est associé car également feté le 20 janvier.
Outre la Vierge et saint Joseph, saint Nicolas est l'un des protecteurs des marins en péril, honoré au XIIe siècle le long du littoral et au fond des estuaires. Saint Clement aussi, noyé dans la mer Noire en Crimée (carrières de marbre de Cherson). Fondateur de l'abbaye, saint Philbert contribua à éradiquer les religions antiques et à mettre l'île en valeur (agriculture, commerce maritime). Valet de ferme à Madrid vers 1100, Isidore le laboureur protège les agriculteurs. Ste Philomène aurait été une jeune martyre romaine découverte dans une catacombe en 1802, mais fut l'objet d'une confusion archéologique. Sainte Germaine Cousin était une pauvre fille de ferme handicapée et harcelée par sa marâtre (belle-mère), bergère morte de misère en 1601 dans l'appenti où on l'avait reléguée, dont on retrouva le corps parfaitement conservé 43 ans après sa mort. Elle venait d'être béatifiée (1854) puis canonisée (1867).
Vitraux St Nicolas St Sébastien St Fabien Notre-Dame du Sacré Cœur St Joseph et Jesus enfant St Clément St Philibert St Isidore le Laboureur Sté Philomène Sté Germaine Cousin Sté Germaine de Pibrac