Visites guidées, exposition et jeux

Bailleul (Nord) • Samedi 22 mai 2021, 09h00
Visites guidées, exposition et jeux

Crédits : association kerk hof

Voyage au KERK HOF de Bailleul-centre

Bienvenue chez nous, vous qui ne revêtez point encore de pyjama de bois mais des atours printaniers.
Nous vous accueillons avec plaisir en ces lieux chargés d'histoire, où la nature renaît pour vous conter la vie des hôtes de ces lieux.
La visite débute à l'entrée du cimetière ancien, arrivé en cet endroit en 1799. Il s'étend actuellement sur 3ha et demi et compte environ 4200 tombes.
De jolies grilles en fer forgé agrémentées de couronnes drapées sont entourées de part et d'autre de deux constructions : la maison du gardien et la chapelle Notre-Dame de Hal, datant de la reconstruction, années 1920-1930.
Pour parfaire cette promenade, une exposition dans l'ancienne maison du gardien vous présente par une large iconographie, l'histoire des lieux et de notre association : Kerk Hof, Mémoire de pierre à Bailleul qui fêtera ses 10 ans en fin d'année.
Une fois les grilles passées, sur un parterre délimité, trois éléments en fonte de fer sauvés d'une campagne d'exhumations ont été restaurés, deux croix joliment ouvragées et une statue de Notre-Dame de Pontmain, vierge apparue à des enfants en 1871.
Nous nous engageons dans l'allées principale, large, bordée de buis et de tilleuls qui mène au calvaire, tertre surmonté d'un Christ en croix datant de 1927 et récemment restauré.
La visite peut durer de 3/4 d'heure à 2 heures environ. Nous prenons sur la droite une partie de l'allée en forme de mandorle entourant le calvaire. Elle est bordée à l'origine, 1846, de 14 chapelles-stations constituant un ensemble unique en France, volonté de l'édile Louis Behaghel en 1844 et que nous souhaitons restaurer. Toutes les bonnes volontés et tous les soutiens sont bienvenus.
Nous passons devant quelques jolies tombes de pierre en élévation, malmenées par la Grande-guerre ou reconstruites avec les dommages de guerre, les plus anciennes portent le nom des marbriers sculpteurs, Conreur, David, Seillier, Debert...
Ce sont celles qui portent le plus de symboles : les sabliers ailés, les urnes voilées ou non, les palmettes en acrotère, les chardons, les feuilles d'acanthe, des pyramides tronquées, car le XIXè fait un retour à l'antiquité dans son architecture funéraire.
Nous rencontrons des personnalités qui ont fait la vie de Bailleul, Benoît De Puydt, juge de paix et mécène grâce à qui la ville a été dotée d'un musée dès la 2è moitié du XIXè dont le monument est un petit temple grec et plusieurs familles bourgeoises, ici vous avez la plus large tombe de notre cimetière, près de 10 mètres.
Nous longeons les monuments des familles de notaires, de brasseurs, de maires, de marchands de houblons, toute l'activité économique et sociale s'y retrouve. Ici la chapelle Van Merris avec son élégante Pietà a été restaurée grâce à un groupe polyphonique corse en 2014 venu chanter pour sauver notre patrimoine flamand.
Sur le plan économique, nous pouvons citer la famille Cordonnier, dont Anatole, originaire de Roubaix qui implanta chez nous d'immenses serres chauffées pour y faire pousser ses célèbres raisins qu'il envoyait à la cour du Tsar Nicolas II, mais ausssi des arbres fruitiers en pots ; il fut l'inventeur du chrysanthème à grande fleur nombreuses fois primé, plusieurs petits ouvrages ont été édités à ce sujet, servant aussi de publicité.
Nous pouvons rendre visite à Jérôme Ficheroulle l'imprimeur qui a racheté le journal local appelé "la Bailleuloise" à la fin du XIXè siècle, il était aussi historien, écrivain, photographe.
En descendant nous tournons à la Dame Blanche, jolie sculpture d'une femme pleurant le décès d'un enfant, on y remarque le sympole du roseau brisé et plus loin, nous remarquons un espace tout simple encadré de béton, c'est là que fut enterrée l'égérie d'un célèbre surréaliste qui lui dédia l'ouvrage intitulé Nadja.
Nous dénombrons 5 carrés confessionaux dont celui des Soeurs Noires, ordre soignant qui donna son nom à la rue qui mène au cimetière. En effet leur couvent était situé à l'angle de la rue d'Ypres et de la petite rue menant au kerk hof. Un autre ordre important est celui des Dames de Saint Maur, ordre enseignant appelé en 1841 en renfort du clergé.
Puis nous nous dirigeons vers quelques personnalités de l'art, dont les frères Deturck à la jolie tombe parlante, élèves de l'école académique de dessin, créée grâce à Benoit De Puydt. Julien fut Grand Prix de Rome et nous pouvez voir un tableau de son frère Henri au musée de la ville.
Presque en face se trouve la tombe du peintre Edouard Swynghedauw, professeur dont le jubilé fut fêté en 1912 et conservateur du musée.
Au rond-point, nous remarquons un monument élevé portant un beau médaillon en bronze du Général Cheroutre, bailleulois qui fut gouverneur de la Corse.
À côté nous trouvons René Vanlande, militaire et écrivain qui a magnifiquement décrit l'état du cimetière en 1919, dans un ouvrage édité en 1920.
En remontant, sur une tombe, un portrait de chat est gravé, c'est le chat Bib, célèbre pendant de nombreuses années pour son oeuvre sociale, ici, en France et hors nos frontières.
Nous pouvons lever les yeux vers quelques croix sculptées comme des arbres écôtés, des croix drapées endeuillées puis baisser les yeux vers ce massif monument sous forme de rocaille représentant le Golgotha.
Un autre monument au symbole imposant attire notre regard, celui d'un livre ouvert à la page où la vie s'est arrêtée, dédié à la famille Pauwels, brasseurs et membres de la société philanthropique.
Nous passons devant la tombe d'un maire de Bailleul à qui nous devons la sauvegarde de l'espace ancien à l'aube du XXIè siècle.
Près du calvaire une grande chapelle aux tons gris clair est celle de la famille Hié qui donna à Bailleul plusieurs manufacturiers dès le milieu du XIXè dont le tissage fournit de l'ouvrage à une grande partie de la population ainsi que deux maires l'un avant la Grande Guerre, l'autre avant la seconde Guerre Mondiale.
Sur la butte du calvaire, notons cette base cubique avec un reste de pied de croix en fer, c'est la tombe de Joseph-Xavier Van Merris, maire qui traversa les régimes entre 1803 et 1830, il fut enterré en 1833 à l'époque où n'existait pas encore le tracé des allées du cimetière.
Longeant la route, une tombe toute claire avec un grand Christ retient toute notre attention. C'est celle de Natalis Dumez, maire de Bailleul à qui nous devons la reconstruction dans le style néo-gothique flamand, il fut aussi le co-créateur du journal la Voix du Nord.
Là, nous sommes attachés à ce petit cube tout simple, esseulé qui ne paie pas de mine à qui nous donnons affectueusement le nom de Rosette parce qu'il a une inscription d'un côté en français, de l'autre en flamand.
Si nous n'avons pas la tombe de Marguerite Yourcenar, première femme élue à l'Académie Française, nous avons celle de ses ancêtres avec le blason familial.
Nous arrivons près de quelques monuments épars, sauvés de la campagne d'exhumation pour différents modèles de sculpture que nous ne retrouverons plus.
Cet espace porte sa plaque gravée par un ancien marbrier et membre actif de notre association, Jean-Pierre Dumon :"espace de préservation architecture funéraire".
En tournant, deux jolies colonnes tronquées symbolisent une vie écourtée, l'une est féminine, délicate, entourée de lierre sculpté, l'autre est masculine, lisse, plus élevée.
Nous passons ensuite devant un grand peintre portraitiste, dont une rue lilloise porte le nom : Pharaon de Winter, plusieurs de ses oeuvres se trouvent au musée local.
Reprenons l'allée centrale, sur la droite nous avons un nom phare encore, Frédéric Moeneclaey, maire durant la première Guerre Mondiale, il s'offrit comme otage à l'occupant allemand en octobre 1914, ainsi que plusieurs autres bailleulois pour protéger la ville. Nous avons aussi le carré Plichon, en enclos familial où sont regroupés plusieurs hommes politiques.
Sur la gauche, vous pouvez remarquer un décès daté de 1799, ce qui atteste la date d'implantation du cimetière qui, à l'époque, n'était guère plus qu'un terrain où poussaient des arbres et qui appartenait au bureau de bienfaisance.
Nous devons l'agréable et original tracé des allées à un avant-projet de 1858 repris par le célèbre architecte lillois Auguste Mourcou à qui nous devons l'Asile d'aliénées devenu EPSM à Bailleul, le Palais Rameau et l'hôpital de la Charité à Lille. Il était accompagné par un jardinier que nous appellerions paysagiste aujourd'hui, le bailleulois Charles Fagoo.
Nous terminons la visite par cette jolie tombe, massive, récapitulative pourrions-nous dire, dont la stèle bordée de torchères est porteuse des lettres Alpha et Oméga, le début et la fin de toute chose, sans oublier les signes du Chrisme.
Vous y rencontrerez une architecture typique des habitations funéraires du XIXè siècle et de la reconstruction de mise chez nous, régions dévastées par la Grande Guerre.
Nous vous présenterons quelques anecdotes particulières concernant les habitants de ces paisibles lieux.

Nous, intervenants taphophiles bénévoles, amoureux du petit patrimoine funéraire, vous espérons, curieux et intéressés, par groupes de 5 maximum pour respecter les consignes sanitaires en viguer, de rigueur.

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