L'eau, hygiène et assainissement - Partie 1/3

Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) • Mardi 19 mai, 09h00
L'eau, hygiène et assainissement - Partie 1/3

Des eaux du Bosphore à celles d’Auvergne : les amiras dans les stations thermales du Massif central (1850-1945)

CHARDONNET Sylvain - Responsable de la bibliothèque universitaire de Moulins (Université Clermont-Auvergne), Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand, Société Bourbonnaise des Études Locales
Les amiras forment l’élite arménienne de Constantinople, la capitale de l’Empire ottoman. Cette haute société comprend de grands noms de la finance et de l’administration, des intellectuels et d’autres grandes familles. Comme les grandes fortunes de l’époque, elles fréquentent les cités thermales occidentales et notamment celles du Massif central. Ces dernières ont joué un rôle majeur dans les relations entre amiras et Occident. Cette présentation a pour but de mettre en lumière l’importance de la fréquentation des villes d’eau du Massif central par l’élite arménienne de l’Empire ottoman. De l’époque du Tanzimat jusqu’au fracas de la Seconde guerre mondiale en passant par le génocide arménien, les cités thermales du centre de la France ont joué un rôle qui dépasse la simple villégiature, occupant une place importante, mais oubliée, dans l’histoire de la diaspora arménienne.

La gestion des cours d’eau non navigables dans la plaine du pays de France face aux enjeux sanitaires et environnementaux

EL HAGE Fadi - Chargé d’études documentaires aux Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine), Chercheur-associé au Centre Jean Mabillon (ENC-PSL), Société de l’Histoire de France (membre du Conseil d’administration), Société d’Histoire et d’Archéologie du Sedanais, Société d’études historiques de Tremblay-en-France.
La plaine du pays de France était connue pour ses cours d’eau non navigables. Ces ruisseaux et rus ont été exploités et transformés depuis le haut Moyen Âge jusqu’au XXe siècle, non sans conséquences sur l’environnement et sur la population. Facteur d’aléas tant naturels qu’anthropiques, ces cours d’eaux ont aussi subi différentes formes de pollution, jusqu’à devenir des espaces épidémiques et insalubres. Jugés dangereux ou inutiles, la majorité d’entre eux ont été busés, enterrés, voire convertis en égouts. L’odonymie reste parfois le seul témoignage de leur visibilité passée. Aujourd’hui, des projets de remise au jour de ces cours d’eaux sont régulièrement évoqués. La remise en cause de l’urbanisation de la seconde moitié du XXe siècle, ainsi que les enjeux environnementaux et climatiques actuels ont encouragé une nouvelle approche de la gestion de ces cours d’eau, qui ne sont plus perçus à travers le prisme des risques naturels et sanitaires ou de la seule utilité productive.

La station thermale d’Eugénie-les-Bains : un mythe revisité

PUYO Jean-Yves - Géographe, professeur des Universités (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Membre du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, section des « sciences géographiques et de l’environnement », Laboratoire TREE (UMR 6103)
Dans son ouvrage Aux origines du tourisme dans les Pays de l’Adour (1987), le géographe palois Michel Chadefaud définissait un modèle « lumineux » d’émergence de la cité thermale au XIXe siècle, produit de la combinaison des cinq grands types d’éléments suivant : des potentialités naturelles - un milieu local économique et social en crise - un contexte culturel, tant national qu’européen, favorable au voyage et à la cure - un interventionnisme étatique, appuyé par des capitaux locaux - et enfin, la construction d’une image, la distinction sociale, destinée à assurer le succès de l’opération. Nous proposons de confronter ce modèle au cas de la (petite) station thermale landaise d’Eugénie-les-Bains, fondée suite à un décret impérial en date du 8 huit mai 1861. Par le choix de ce site, à ce jour très peu étudié, nous nous inscrivons pleinement dans la lignée des travaux de Michel Chadefaud, à savoir la révélation de certains mythes tenaces liés au thermalisme passé, et repris actuellement, comme un clin d’œil à l’histoire, dans la promotion d’Eugénie-les-Bains : une clientèle de « qualité » dans un lieu tout aussi prestigieux. Or, nous montrerons, grâce notamment aux ressources archivistiques du département des Landes, que la station demeurera au contraire très « populaire » pendant plus d’un siècle…

L'apogée de la vidange des fosses d'aisance et du circulus, du XVIIème au XXème siècle : quand les villes ne disposaient pas d'eau potable pour évacuer les déjections humaines.

ADLER Emmanuel - Chercheur associé à l’Ecole des Ponts (LEESU) et au CNRS-LARHRA, Association Scientifique et Technique de l'eau et de l'environnement, Réseau Universitaire des Chercheurs en Histoire Environnementale
Si la notion d'assainissement des eaux usées évoque aujourd’hui une gestion collective, avec un réseau d'égouts connecté à une station d'épuration distante, ce modèle n’a pas toujours été triomphant. Il a ainsi existé diverses alternatives sans maillage, là où aujourd’hui le transfert des matières s’opère en toute discrétion par des conduites souterraines. L'objet de cet article est de présenter sur une période allant de la seconde moitié du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle, et donc avant la généralisation de l’eau « propre », abondante et peu chère à domicile et la victoire du tout-à-l’égout, une analyse des systèmes de gestion urbaine des déjections humaines. Après un exposé des conditions de travail des vidangeurs, on s’interroge sur les conditions ayant conduit à leur disparition en ville. Préalablement, on décompose la chaine d’opérations et d’intervenants qui contrôlent la circulation des vidanges, depuis les latrines jusqu’aux campagnes où elles enrichissent des terres.

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