Les Jeudis du CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
MARTIN Marc-Antoine - Administrateur et Trésorier de l’Académie de l’Eau, Membre correspondant de la 4ème Section de l’Académie des sciences d’outre-mer
Face aux bouleversements dus aux changements climatiques, des réponses sont possibles : de l’adaptation progressive aux ruptures. Les connaissances objectivées, y compris avec les sciences humaines et sociales, conditionnent les politiques à inventer dont les innovations techniques et institutionnelles. Comment croire que les technologies suffiront à conjurer les crises actuelles sans repenser nos usages, gouvernances, solidarités ? Dans tous les cas, l’appropriation des transformations, par les citoyens, les entreprises, les collectivités et les États, renvoie aux valeurs sociétales, mais aussi aux conditions de formation, de communication, de langage…alors que les coûts dans le domaine de l’eau s’alourdissent. Les changements de nos rapports à l’eau imposent le temps long et des réponses locales, nationales, régionales et internationales. L’adaptation n’est pas une réponse définitive, mais un chemin. Réfléchissons aux transitions acceptables. Malgré les réticences actuelles, le multilatéralisme demeure un système pertinent pour partager les savoirs et savoir-faire, et traiter durablement ce bien commun qu’est l’eau.
HONG Ji-Eun - Professeur, Pusan National University
Depuis les années 1990, les berges du fleuve Han à Séoul ont été transformées en une série de parcs publics associant écologie urbaine, représentations nationales et pratiques sensibles du quotidien. Cette communication propose d'analyser ces espaces comme des lieux où s'articulent trois formes de temporalité : naturelle, à travers les rythmes des saisons et de l'eau ; nationale, à travers les festivals, concerts, spectacles aquatiques ou feux d'artifice servant la mise en scène d'une Corée moderne et verte ; et quotidienne, par les usages spontanés des jeunes générations (pique-niques, musique, ramyeon - ces nouilles instantanées coréennes particulièrement populaires pour les repas en plein air -, vélo). À la croisée de l'environnement, de l'esthétique et du politique, les parcs du Han deviennent ainsi une fabrique contemporaine du temps urbain.
Jean-Louis Oliver - Président de l’Académie de l’Eau, Membre titulaire de l’Académie des sciences d’outre-mer
Indispensable à la vie et à la plupart des activités humaines, l’eau est très inégalement répartie à travers l’espace, entre zones arides ou tempérées, et variable dans le temps selon les saisons, avec des épisodes de sécheresse ou de crues, entrainant la réalisation d’ouvrages hydrauliques, plus ou moins importants et coûteux, aux incidences multiples. De plus en plus souvent, des tensions apparaissent entre les usagers et/ou entre les territoires, impliquant des autorités locales, nationales ou internationales, dans le contexte de la croissance démographique et urbaine, du développement socio-économique, de la mondialisation et du changement climatique. Certains pays sont particulièrement représentatifs de cette problématique complexe où se mêlent étroitement hydro-politique et géopolitique, par exemple : la Chine, depuis des milliers d’années, s’est engagée dans l’aménagement de son vaste territoire et dans la gestion de l’eau, transférée par des canaux navigables à partir du Sud du pays, arrosé par les moussons, vers le Nord plus aride : au Nord le Fleuve Jaune, sujet à des inondations meurtrières, au Sud le Yangtze, avec son colossal barrage des Trois-Gorges, et à l’Ouest leTibet, château d’eau de l’Asie de l’Est ; la Turquie a réalisé de grands ouvrages hydrauliques en Anatolie, à l’amont du Tigre et de l’Euphrate, pour la production d’électricité et l’irrigation, qui affectent la Syrie et l’Irak, situés à l’aval ; Israel, grâce au plateau du Golan repris à la Syrie, contrôle les eaux du bassin du Jourdain et de son affluent, le Yarmouk, issu de Jordanie, et les eaux souterraines du Mount Aquifer de Cisjordanie ; l’Egypte, « Don du Nil » selon Hérodote, avec le Canal de Suez, le Haut barrage d’Assouan, et les incidences de la construction du barrage de la Renaissance par l’Ethiopie, qui a failli déclencher une « guerre de l’eau »; le Panama et la maitrise de son Canal stratégique.
Fadi Comair - President du Programme Hydrologique Intergouvernemental - PHI UNESCO (2019-2023), membre Associé de l’Académie des sciences d’outre-mer
Les crises hydriques qui frappent la Mésopotamie (assèchement des marais de Bassorah) et la vallée du Nil (tensions autour du barrage de la Renaissance) révèlent la vulnérabilité croissante des systèmes fluviaux transfrontaliers. Ces situations engendrent des conséquences dramatiques : disparition d’écosystèmes millénaires, comme à Bassorah, ou risques d’inondations dévastatrices au Soudan, en l’absence d’un cadre de gestion concertée du GERD. Cette communication propose une analyse des foyers de tension actuels dans les bassins du Tigre–Euphrate et du Nil bleu, en mettant en lumière les limites du statu quo fondé sur la souveraineté absolue. Elle défend l’hydro-diplomatie comme levier stratégique de paix.
Présentation des formations proposées au CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
Présentation des formations proposées au CFLC
En partenariat avec le CRR 93 Jack Ralite - Aubervilliers