Poétique de l'hybride

Arles (Bouches-du-Rhône) • 2 juillet - 2 septembre 2023
Poétique de l'hybride

Crédits : Yael Burstein, Antoine Salle

Poétique de l'hybride
Le Corridor expose cet été deux artistes que réunit le recours à l’hybridation féconde entre différentes disciplines – photo-montages chez Yael Burstein, synthèse de la peinture et de la sculpture chez Antoine Salle. Les deux artistes métamorphosent le connaissable, suscitant chez le spectateur un dépaysement esthétique, qui le déstabilise, le capte et l’interroge sur sa relation à l’oeuvre regardée.
La pratique artistique de Yael Burstein est expérimentale. En associant photographies, collages et peinture, elle réalise des photo-montages déroutants et d’une grande force poétique auxquels les jeux d’optique entre volumes et planéité apportent mystère et profondeur, effroi et enchantement.
Les images d’intérieurs calmes et ordonnés, découpées dans de vieux magazines sont en partie masquées par l’intrusion d’éléments extérieurs naturels : arbres arrachés, éboulis de roches, coulée de sable du désert. Dans les petits formats, c’est un geste pictural intense, rose, ou bleu vif, qui vient s’inscrire sur le sofa, le couloir, ou la rue. L’univers hétérogène de ses photographies chargées d’une symbolique très forte revient à les inscrire dans une histoire singulière. Le familier devient effrayant. L’irrationnel envahit le quotidien. Peurs émanant de l’enfance ? Rupture d’un récit cohérent ? Métaphores sur la relation entre histoire et mémoire ? Visions de catastrophes anciennes ou annoncées ?
Antoine Salle « insère la couleur dans l’espace ». Ses peintures en relief sont préparées avec des rebuts -carton, mousse et emballages de matières diverses- volumes qu’il façonne et recouvre de couleurs pastel, acidulées ou fluorescentes jusqu’à masquer le matériau d’origine, et donner l’illusion d’une substance autre, troublante, difficile à définir : céramique ? silicone ?... Il leur attribue des titres facétieux et intrigants.
L’objet final déconcerte et séduit. Sa présence singulière s’affirme dans le rapport qui s’instaure entre le modelé de la sculpture, la question de son poids et de sa matérialité, la palette des couleurs et les jeux de lumière sur les volumes peints. Resté brut, une tranche colorée se reflétant parfois sur le mur, il est étonnamment élégant, minimal, gourmand, sensuel et teinté d’humour. Et, mine de rien, il nous invite à questionner notre appréhension de l’objet d’art, son rapport à l’espace et notre perception de la peinture.

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