Cosmic Trip - Hartung & Bergman entre rêve et sciences
À travers un large choix de peintures, dessins, sculptures, photographies et d’archives, elle permettra de mieux comprendre les procédés plastiques des deux artistes, notamment leur usage compositionnel du nombre d’or, et de faire une expérience hypnotique voire hallucinatoire devant certains de leurs chefs-d’œuvre, dont les nappes de T1973-R32 qu’on croirait directement inspirées du 2001 de Stanley Kubrick…
Les œuvres d’Anna-Eva Bergman et de Hans Hartung sont pour nombre d’entre elles dotées d’une impressionnante dimension cosmique : chacune dans leur registre propre, elles évoquent les effets d’apesanteur, la gravité des astres, les trous noirs, les quasars. Comme l’explique l’astrophysicien Étienne Klein (associé à cette exposition), on verra qu’elles semblent même anticiper intuitivement, pour certaines, des observations astrophysiques très récentes. Parmi les preuves de leur fascination pour la conquête spatiale, on sait qu’Anna-Eva Bergman conserva tous les Paris-Match consacrés à la mission Apollo 11, et produisit, souvent à la feuille d’argent, d’extraordinaires visions lunaires en 1969-1970.
Cependant, bien avant d’être fascinés par la conquête spatiale, Hartung et Bergman s’intéressèrent dès les années 1920 aux vertus du nombre d’or. Le premier fut même considéré lors de sa première exposition en 1931 comme un créateur à la peinture «mathématique» et il osa en outre faire de ses leçons d’algèbre au lycée des œuvres à part entière ! Quant à Bergman, ses études sur les justes proportions, aux limites de l’alchimie parfois, sont pléthores entre 1946 et 1952 et servent chez elle une ambition extraordinaire : accéder à un plan supérieur, une sorte de plan spirituel et astral, au-delà de l’univers tangible, la science étant toujours sœur du rêve.
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